Drame de Millas : le procureur toujours prudent sur les causes de l'accident

ENQUETE - Après s'être entretenu avec les familles des victimes, le procureur de la République Xavier Tarabeux a donné une conférence de presse pour faire le point sur les avancées de l'enquête, annonçant notamment le placement de la conductrice du bus en garde à vue.

Cinq jours après le drame, les investigations se poursuivent pour tenter de déterminer les causes de l'accident survenu jeudi 14 décembre en fin d'après-midi à Millas dans les Pyrénées-Orientales. Ce mardi matin, une reconstitution a eu lieu pour déterminer le champ de vision de la conductrice de l'autocar et le procureur a fait un point sur les investigations. Défaillance technique ou erreur humaine ? Les enquêteurs tentent de savoir si les barrières du passage à niveau étaient ouvertes ou fermées mais les témoignages divergent fortement. Le bilan s'est alourdi à six collégiens tués, après la mort, ce lundi d'un blessé grave. Le pronostic vital est toujours engagé pour cinq enfants. 

Après cette reconstitution, le procureur de la République de Marseille a tenu au tribunal de grande instance de Perpignan une réunion d'information pour faire le point avec les familles de victimes sur les investigations en cours et le déroulement de l'enquête.  


En conférence de presse, Xavier Tarabeux a annoncé que la conductrice du bus qui "avait pu être entendue succinctement au lendemain de l'accident" avait de nouveau été placée en garde à vue (aux alentours de 16h ce mardi  ndlr). Blessée dans l'accident, cette femme âgée de 48 ans avait déjà été placée en garde à vue lors de son séjour à l'hôpital de Perpignan pendant plusieurs heures entre le vendredi soir et le début d'après-midi le samedi, avant que son état de santé interdise de l'entendre davantage.


Elle est actuellement avec les enquêteurs. "Nous attendons de recueillir des précisions, autant que faire se peut, sur les circonstances exactes qui ont conduit à ce dramatique accident", a dit Xavier Tarabeux. 

Le procureur a indiqué qu'à ce stade des investigations "les constatations matérielles" étaient plutôt en faveur "d’une barrière fermée", mais que ces constatations seront soumises à expertise. "Nous devrons examiner précisément tout le matériel de fonctionnement de ce passage à niveau pour déterminer s'il y a eu ou non un dysfonctionnement", a-t-il souligné. 


Concernant les constatations effectuées sur le car scolaire, Xavier Tarabeux a fait savoir que les enquêteurs ont relevé "des traces" au niveau "du bas du bus, à hauteur pratiquement de la barrière". Avant d'aussitôt calmer d'éventuelles ardeurs : "Il faut bien évidemment qu'on analyse si ces traces sur ce bus proviennent de la barrière, si des éléments permettent de le démontrer. Là aussi, il sera difficile d'en tirer des conclusions en tant que tel dans la mesure où avec la violence du choc, on peut imaginer que la barrière ait en elle-même été très dégradée". 


Ces "traces figurent en dessous du phare sur l'avant droit de ce bus", a-t-il précisé. "Nous avons constaté cela, pour autant nous n'avons pas pu entendre la conductrice sur ce point pour savoir si ces traces procèdent à un autre accrochage ou autre", a-t-il poursuivi.


"En l’état, on ne détermine pas la cause exacte de cet accident", a insisté Xavier Tarabeux. "Comme je l'ai précisé auprès des parents et des enfants victimes, nous devons évidemment faire des examens techniques pour nous assurer que l'ensemble du matériel fonctionnait", a-t-il dit. Et d'ajouter : "L'armoire électrique, qui commande le fonctionnement de ce passage à niveau, ne présente pas de défectuosité en l'état de l'examen que nous avons pu en faire". 

"Plus d'une centaine de témoignages" ont été recueillis depuis l'accident, parmi eux notamment, ceux des enfants rescapés de l'accident. De nombreuses expertises vont maintenant être menées. 

"C'est très difficile de faire des hypothèses tant que nous n'avons pas les résultats des examens techniques, a souligné le procureur. Plusieurs témoignages indiquent que la barrière était levée, ce qui expliquerait que la conductrice ait poursuivi sa marche. D'autres disent que la barrière était fermée. Et il y a des éléments matériels. Aujourd'hui, on ne peut pas tirer de conclusion, on ne peut que constater un certain nombre d'indices matériels pour autant, il faut que ceux-ci puissent être corroborés et confortés dans le cadre d'expertise et confrontés ensuite aux témoignages". 


Une information judiciaire devrait être ouverte pour  "homicides et blessures involontaires". "J'ai informé les familles de cette perspective ", a conclu le procureur. 

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