"Ça a été le cauchemar" : le témoignage choc du pilote d'hélicoptère, otage de l'évasion de Redoine Faïd

RECIT - RTL a diffusé en exclusivité, mercredi, le témoignage du pilote d'hélicoptère pris en otage par un commando lors de l'évasion de Redoine Faïd. Sous le choc, il raconte les violences qu'il a subies et le déroulement des faits.

Il a vécu "un cauchemar". Stéphane Buy, le pilote d'hélicoptère pris en otage par un commando dans le cadre de l'évasion de Redoine Faïd de la prison de Réau, dimanche, a témoigné en exclusivité, jeudi, pour RTL.


Sous le choc, l'homme livre un récit glaçant de cette journée qui témoigne à la fois de l'organisation méticuleuse du commando et de la violence qui a accompagné cette évasion en hélicoptère, dans la cour d'honneur du centre pénitentiaire du Sud Francilien. 


Tout a commencé lorsque le formateur, qui a l'habitude d'organiser des baptêmes en hélicoptère, a pris en charge un homme d'une cinquantaine d'années et un jeune homme d'une vingtaine d'années qui avaient réservé un vol d'initiation, et qu'il avait déjà reçus à plusieurs reprises auparavant. 

"Ma famille était en danger"

Les deux hommes insistent pour utiliser l'Alouette 2 entreposé dans le hangar et, face aux réticences du pilote, qui leur explique que l'appareil n'est pas adapté, ils deviennent soudain menaçants. "Ils m'agressent", raconte Stéphane Buy à RTL. "Ils m'ont contraint et prévenu que ma famille était en danger". 


Le pilote doit faire le plein de carburant, puis décolle avec les deux hommes à son bord. Ils le contraignent peu après à se poser dans un champ, sous prétexte de vouloir uriner. "Il me font descendre de l'hélicoptère, ils me prennent en joue, [me donnent] des coups de crosse, et m'expliquent [...] leur choix d'aller chercher un ami à la prison de Réau", raconte le pilote. "Ils m'expliquent qu'il faut que j'obtempère et que je fasse bien mon travail sinon ma famille serait certainement menacée, et que quelqu'un était devant chez moi". Et d'ajouter : "Je n'avais pas le choix, avec deux colts sur la tête."

"Des coups de crosse de plus en plus forts"

La seconde halte se fait dans un terrain vague. Stéphane Buy doit garder la tête sur le manche, une arme braquée sur la tête, lorsqu'arrive un commando. "Complètement cagoulés, en combinaison, genre le Raid ou le GIGN", ces derniers s'installent dans l'appareil, mais le pilote ne parvient pas à redémarrer l'engin. 


"C’est là que ça a été le cauchemar", raconte-t-il. Ça a commencé vraiment à les énerver. Ils ont peut-être dû croire que je simulais une fausse panne. J’ai reçu des coups de crosse de plus en plus forts, ils me disaient ‘Démarre ! démarre !’ Ils ne voulaient rien savoir, ils voulaient que la machine démarre. Malheureusement à chaque séquence j’avais ce bouton rouge qui s’allumait et je ne pouvais pas démarrer." S'ensuit une séquence interminable, où l'otage tente par tous les moyens de trouver les raisons de la panne. "Ils étaient de plus en plus méchants. A un moment, j'ai pris un coup sur la tête, je suis tombé par terre." Revenu à lui, Stéphane Buy tente à nouveau des réparations, puis parvient enfin à relancer la machine. 

"10 mn de stationnaire" dans la cour d'honneur

Le commando force ensuite le pilote à voler très bas, "pour éviter les radars sans doute", direction le centre pénitentiaire, dont il survole l'enceinte. "J'arrive dans une cour triangulaire et on me fait me poser sur une petite allée en bitume qui doit faire 1.50 m de large, avec un terre-plein de fleurs", explique le professionnel chevronné, probablement choisi pour son expérience. Il devra ensuite rester "10mn en stationnaire", à 1.50m du sol, en attendant l'arrivée de Redoine Faïd. 


"Je ne savais pas à qui j'avais affaire", raconte encore Stéphane Buy à propos du fugitif. Le commando, accompagné du détenu "très silencieux", redécolle alors jusqu'aux abords d'une station Total, près d'une voie rapide. Ils laisseront là l'otage après avoir tenté de mettre le feu à l'Alouette, une "pièce de collection", précise le pilote. Ce dernier indique avoir été placé sous protection dès qu'il s'est rendu à l'hôpital, après les faits. 

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