Catastrophe ferroviaire de Brétigny : le rapport qui accable la SNCF

FAITS DIVERS
DÉFAILLANCE - Si le rapport définitif du BEA n'apporte pas de nouvelles révélations sur les circonstances de l'accident qui a fait sept morts à Brétigny-sur-Orge en juillet 2013, la maintenance à la SNCF est encore mise en cause.

Deux ans après la catastrophe ferroviaire qui avait fait sept morts, le rapport définitif du BEA sur le déraillement d'un Paris-Limoges à Brétigny-sur-Orge (Essonne) n'apporte pas de nouvelles révélations par rapport à celui de janvier 2014, mais pointe encore du doigt la maintenance à la SNCF.

Trois nouvelles recommandations

S'appuyant très largement sur le rapport d'étape rendu il y a un an et demi, dans lequel un "problème de culture collective" avait été mis en avant, le Bureau d'enquête sur les accidents de transport terrestre fait part de "trois défaillances des différents processus de maintenance" dans son rapport publié vendredi.

Le BEA formule donc trois nouvelles recommandations pour améliorer le "management de la maintenance du réseau ferré national". Selon le Bureau d'enquête, il est ainsi nécessaire de réaliser des audits externes pour vérifier l'âge moyen du réseau et l'adéquation des moyens engagés avec les objectifs. Des contrôles réels des équipements surveillés ou entretenus doivent également être réalisés pour "évaluer la pertinence des règles de maintenance et la qualité de leur mise en œuvre".

Un management à revoir

Des progrès sont également à faire concernant l'encadrement des équipes en charge de ces contrôles. Selon le BEA, celui-ci "ne réunit pas toujours l'expérience technique et le recul nécessaire pour gérer la pression constante des exigences de l'exploitation ferroviaire sur la maintenance de la voie alors que les installations concernées sont vieillissantes et que le contexte social est tendu".

Comme l'explique Le Parisien , au-delà de l'urgence dans laquelle doit travailler l'encadrement, son inexpérience peut en effet interroger.  C'est un jeune cheminot, âgé de 24 ans à l'époque et à la tête d'une équipe d'une quinzaine de personnes, qui avait effectué la dernière tournée de surveillance. Celui-ci assure toujours ne rien avoir repéré d'anormal, comme l'indique son compte-rendu. Mais l'expertise affirme que le boulon manquant sur l'éclisse qui avait provoqué le déraillement du train manquait depuis plusieurs mois.

Pour éviter qu'une telle catastrophe ne se reproduise, le BEA préconise donc à la SNCF une meilleure répartition des cadres expérimentés et non-expérimentés dans les centres de maintenance, ainsi qu'un turn-over réduit. Dans cette logique, Claude Solard, directeur général délégué de SNCF Réseau, a expliqué qu'il ne sera désormais plus possible de rester moins de trois ans sur les postes de maintenance, tandis que les jeunes recrutés en Ile-de-France devront y rester au minimum dix ans. Il juge par ailleurs ces recommandations "utiles", indiquant que le groupe les mettra en œuvre "rapidement et sans états d'âme".

EN SAVOIR +
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