Chambre à gaz "détail" de l’histoire : Jean-Marie Le Pen refuse de se rendre au tribunal

Chambre à gaz "détail" de l’histoire : Jean-Marie Le Pen refuse de se rendre au tribunal

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DÉRAPAGE – L’ancien leader frontiste, poursuivi pour contestation de crimes contre l’Humanité, entend invoquer son immunité parlementaire par le biais de son avocat. Si le tribunal refuse son argumentaire, Jean-Marie Le Pen pourrait être jugé en son absence.

Un bras d’honneur à la justice ou une mauvaise interprétation de la procédure de la part du parquet? Convoqué mercredi 10 février à 13h30 devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, Jean-Marie Le Pen, 87 ans, n’honorera pas le prétoire de sa présence. Son avocat, François Wagner, a indiqué à metronews que le président d’honneur du front national "refusait de se présenter" devant les juges et invoquait son immunité parlementaire. Le député européen est poursuivi pour contestation de crimes contre l’Humanité après  avoir réitéré ses propos sur les chambres à gaz , "détail" selon lui de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.

L'avocat quittera la salle d'audience

Les faits remontent au 2 avril 2015. Jean-Marie Le Pen fait face sur BFM-TV à Jean-Jacques Bourdin qui lui demande s’il regrette d’avoir qualifié les chambres à gaz de "détail", ce qui lui avait déjà valu d’être condamné. Réponse du député européen : "Pas du tout. Ce que j’ai dit correspondait à ma pensée que les chambres à gaz étaient un détail de l’histoire de la guerre, à moins d’admettre que ce soit la guerre qui soit un détail des chambres à gaz." Invité par le journaliste à préciser son propos, l’ancien leader frontiste insiste : "Moi, je parle de choses précises. Je n’ai pas parlé de nombre de morts. J’ai parlé d’un système. J’ai dit que c’était un détail de l’histoire de la guerre."

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"Jean-Marie Le Pen a écrit dans les trois jours suivant la citation devant le tribunal en juillet dernier pour opposer son immunité parlementaire", précise Me Wagner. Selon lui, le parquet aurait dû dans la foulée demander au parlement européen, où l’ex-leader du FN est élu, de lever son immunité afin qu’il soit jugé. Le ministère public estime de son côté que l’irresponsabilité qui découle de l’immunité ne s’applique que "si le lien entre l’opinion exprimée et les fonctions de parlementaire est direct et s’impose avec évidence". Selon le parquet, Jean-Marie Le Pen peut bel et bien être jugé puisque les propos pour lesquels il est poursuivi ont été tenus alors qu’il était invité comme président d’honneur du Front national et "en dehors de l’enceinte du parlement européen".

"C’est une question de principe. Le parquet se doit de suivre la procédure", avance François Wagner. Il prévient d’ores et déjà que si le juge se penche sur le fond du dossier, il quittera la salle d’audience et cessera de représenter Jean-Marie Le Pen. "Je ne suis mandaté que pour soulever l’immunité parlementaire de Jean-Marie Le Pen", justifie-t-il. Si ce scénario est retenu, le député européen pourrait quand même jugé, mais en son absence.

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