Colère des policiers : le syndicat UNSA s'inquiète des gilets pare-balle reconditionnés

FAITS DIVERS
POLICE - L'UNSA s'interroge sur les pratiques de reconditionnement des gilets pare-balle des policiers. Selon le syndicat, l'administration policière se livrerait à des "pratiques douteuses". Ce que dément formellement la hiérarchie.

Le gilet pare-balle, "l'assurance-vie" des policiers. Autant dire qu'au moindre doute sur sa fiabilité, l'émotion se fait sentir. Surprise et inquiétude pour deux policiers de la BAC dans le département de l'Essonne quand ils ont découvert que leur gilet pare-balle, qu'ils croyaient neufs, datait en réalité de... 2003.


"J'ai récupéré il y a deux semaines un nouveau gilet. Je pensais qu'il était neuf. Mais je me suis aperçu que sous l'étiquette, il y avait une autre étiquette. Et encore une autre qui datait le gilet de 2003", témoigne auprès de LCI l'un d'entre eux. "J'ai vraiment l'impression qu'on s'est moqué de moi. En fait, ce gilet pare-balle était porté depuis plus de dix ans", ajoute-t-il.

Aucun problème de sécurité

Dix ans, c'est pour le syndicat UNSA la durée de vie limite pour un gilet pare-balle. "Au-delà, on demande à les changer. L'humidité peut alterer les plaques de protection", explique à LCI Fabien Lefebvre, délégué UNSA-Police dans l'Essonne, ajoutant : "Cela pose un problème de sécurité et d'hygiène aussi".


Contacté par nos soins, le service de l'achat, des équipements et de la logistique de la sécurité intérieure (Saelsi) - l'équipementier de la police et de la gendarmerie nationale - apporte des explications sur ces gilets pare-balles reconditionnés : "Ces gilets sont vérifiés, testés et reconditionnés. Il n'y a aucun problème de sécurité. Nous faisons des tests sur des stands de tirs. Par ailleurs, si des étiquettes sont superposées, ce n'est pas pour cacher quelque chose. Mais par soucis de traçabilité", explique-t-on. 

Un "manque de communication"

Par ailleurs, selon la hiérarchie policière, les gilets pare-balle n'ont pas de "date de péremption". "Il n’y a pas de gilet un peu abîmé. Soit il est abîmé et on le jette, soit il ne l’est pas et dans ce cas, il peut être réutilisé", poursuit une source policière, reconnaissant toutefois, "peut-être,  un manque de communication auprès des collègues". 


Des explications qui ne satisfont pas ces policiers. Le syndicat réclame un audit sur la vétusté des gilets. "Nous souhaiterions avoir des gilets pare-balle que l'onn peut mettre au dessus de nos vêtements. Ça règlerait le problème de transpiration", conclu Fabien Lefebvre.

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