Explosifs, cutter, déguisement ou hélicoptère : en matière d’évasion, les détenus débordent d'imagination

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LES GRANDES ÉVASIONS - Avant celle par hélicoptère du braqueur Redoine Faïd, dimanche matin, de la prison de Réau en Seine-et-Marne, la liste des "belles" spectaculaires, parfois à l'aide d'hélicoptères ou d'explosifs, est longue depuis le début des années 2000.

Une évasion en hélicoptère, c’est impressionnant. Redoine Faïd, qui s’est échappé dimanche matin de la prison de Seine-et-Marne n’en est pas à son coup d’essai. En 2013, le bandit s'était échappé de façon violente et spectaculaire de la prison de Lille-Sequedin dans le Nord.


Les chiffres de l’Administration pénitentiaire dénombrent un peu plus de 300 évasions par an, un chiffre stable depuis 2010. Dans la très grande majorité des cas, il ne s’agit pas réellement d’évasions, mais de détenus profitant d’une permission pour ne pas rentrer en prison, ou y retournant, mais avec retard. Ainsi, en 2013, sur les 313 évasions comptabilisées, seuls 18 détenus se sont échappés alors qu’ils étaient effectivement en prison, ou lors d’un transfert sous escorte. Le dernier rapport de l'Administration pénitentiaire indique 25 évasions en 2015.


Et lorsqu'il s'agit de quitter les murs de la prison, il arrive que les détenus fassent preuve d’une grande inventivité. Retour sur les dernières spectaculaires "belles" de ces 20 dernières années.

2014 : par commando armé

Le 4 juin 2014, Ouaihid Ben Faïza, 40 ans, un important trafiquant de drogue de Seine-Saint-Denis incarcéré à Villepinte depuis 2011, bénéficie d’une consultation à l'hôpital Delafontaine de Saint-Denis. A sa sortie, il est libéré par un commando armé. Cinq hommes obligent les quatre gardiens non armés à le laisser filer. Il sera condamné à 8 ans d'emprisonnement en 2016 pour cette évasion.

2013 : à coups de cutter caché dans le plâtre

Le 27 novembre 2013, Stéphane Goetz, 27 ans, condamné pour meurtre ayant fait appel, profite d’une extraction médicale au CHU de Nantes pour s’évader. Le détenu devait y faire des radios, après une blessure à la cheville. Dans l’attelle, il a caché une lame de cutter. Il a aussi dissimulé sur lui une languette de canette qui lui permet de se défaire de ses menottes. Il attaque à coups de cutter les trois agents qui l’escortent, et les blessent aux mains et aux cuisses, alors qu'ils tentent de le retenir de toutes leurs forces. Un scooter arrive, embarque l’évadé. Il s’enfuit aux Pays-Bas, et ne sera repéré que 10 mois plus tard par la brigade des fugitifs, et repris en septembre 2014.

2013 : avec otages et explosifs

Le 13 avril 2013, détenu pour un braquage mortel, Redoine Faïd prend en otages quatre surveillants de la prison de Sequedin (Nord) et quitte l'établissement une demi-heure plus tard en faisant sauter des portes à l'explosif. Les otages sont libérés sur l'itinéraire de fuite. Repris, il sera condamné à 10 ans de réclusion par les assises du Nord en 2017 pour cette évasion.

2013 : avec explosifs

Le 10 mars 2013, déjà à la prison de Réau (Seine-et-Marne), Smaïn Aït Ali Belkacem, Algérien de 48 ans, ancien du GIA et figure du terrorisme islamiste, est surpris avec un codétenu, Abdelaziz Fahd, 31 ans, au moment où ils déclenchent des explosifs pour ouvrir la porte du terrain de sport. Ils seront condamnés à 12 ans d'emprisonnement en mai 2017 par le tribunal de Paris.

2009 : avec hélicoptère

Le 27 avril 2009, le gourou de la secte du Cœur douloureux et immaculé de Marie, Juliano Verbard, condamné pour viols et agressions sexuelles sur enfants, s'évade par hélicoptère avec deux adeptes de la prison de Saint-Denis de la Réunion. Selon la préfecture à l'époque, trois hommes avaient réservé un hélicoptère pour une promenade touristique et ont braqué avec plusieurs armes le pilote et son assistant, les contraignant à se poser dans la cour de la prison. Les fuyards seront arrêtés quelques jours plus tard.


Ce mode d'évasion par les airs est relativement courant. On en recense une vingtaine par hélicoptères en France depuis 1981.

2009 : explosifs et otages

Le 15 février 2009, Christophe Khider et Omar Top El Hadj, fichés au grand banditisme, s'évadent de la centrale de Moulins-Yzeure (Allier) à l'aide d'explosifs. Ils prennent deux gardiens en otage. Leur cavale prendra fin deux jours plus tard.

2007: coup double

Le 14 juillet 2007, une figure du grand banditisme, Pascal Payet, s'évade par hélicoptère de la prison de Grasse (Alpes-Maritimes), renouvelant ainsi une spectaculaire évasion qu'il avait réalisée, déjà par hélicoptère, en octobre 2001.

2003 : en se déguisant en policiers

Le 12 mars 2003, Antonio Ferrara, fiché au grand banditisme, s'évade de la prison de Fresnes (Val-de-Marne) avec l'aide de complices déguisés en policiers qui attaquent l'établissement au lance-roquettes. Le "roi de la belle" qui s'était déjà évadé le 7 août 1998 de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), sera arrêté le 10 juillet à Paris.

2002 : en se substituant au parloir

La palme de la discrétion. Le 17 août 2002, un membre présumé de l'organisation séparatiste basque ETA, Ismael Berasategui Escudero, s'évade de la Santé, à Paris, en se faisant remplacer par son frère au parloir. Son frère a attendu cinq jours avant de signaler lui-même la supercherie à ses gardiens. Ismael Berasategui Escudero sera repris en janvier 2003.

2001 : avec de faux documents

Le 31 mai 2001, trois détenus fichés au grand banditisme, Francis Mariani, Pierre-Marie Santucci et Maurice Costa, s'échappent de la maison d'arrêt de Borgo (Haute-Corse), grâce à de fausses levées d'écrou envoyées par fax. Mariani et Costa seront arrêtés quelques mois plus tard. Santucci se constituera prisonnier en novembre 2002.

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