"Continue comme ça et tu verras !" : la mère d’une victime de Merah avait été menacée par Radouane Lakdim

FAITS DIVERS
ATTENTATS DE L'AUDE - Latifa Ibn Ziaten, mère d’Imad, assassiné par Mohamed Merah le 11 mars 2012 à côté de Toulouse, a révélé qu’elle avait croisé la route du terroriste de l’Aude Radouane Lakdim il y a un peu plus d’un an à Carcassonne.

"Continue comme ça, ma mère, et tu verras !" C’est par ces mots que Radouane Lakdim a menacé Latifa Ibn Ziaten en décembre 2016 à Carcassonne. Alors de passage dans la cité languedocienne pour une intervention à la maison d’arrêt, la maman de la première victime de Mohamed Merah, qui milite pour la laïcité et effectue régulièrement des conférences pour promouvoir le dialogue et éviter la radicalisation, a été interpellé dans la rue par le tueur de Trèbes. Elle a raconté la scène à l’Agence France Presse.

"Il est sorti du café, il est venu en vitesse, il m'a appelée par mon prénom et par mon nom, il a mis sa capuche et il m'a dit 'pourquoi vous mentez ? Pourquoi vous dites que vous portez le foulard en signe de deuil ?' J'ai dit : 'je ne mens pas, je n'ai pas peur, je porte ce foulard depuis que j'ai perdu mon fils.' Et il m'a dit : 'Continue comme ça, ma mère, et tu verras.' Il m'a fait peur sur le coup, il m'a mis la main sur le dos, je pouvais rien faire." Selon elle, heureusement qu’elle n’était pas seule dans la rue à ce moment-là. "Il m'aurait tué, ça c'est sûr."

Après l’avoir immédiatement reconnu suite aux attentats de l’Aude, Latifa Ibn Ziaten a été envahie par les regrets. Elle aurait aimé essayer "de le convaincre" lors de leur rencontre furtive. "C'est resté sur ma conscience. J'aurais dû tendre la main à ce jeune, peut-être qu'il n'y aurait pas eu ce drame, peut-être, il aurait suffi d'un mot, d'un geste, je n'en sais rien. Il n'était déjà pas normal, ça se voyait dans ses yeux, dans sa barbe, dans son regard, mais il n'était peut-être pas à fond (dans la radicalisation)." Quant au gendarme Beltrame, Latifa Ibn Ziaten explique qu’il lui a ‘‘rappelé Imad, mon fils qui n'a pas voulu se mettre à genoux" devant Merah.

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