Contrôle d’un homme handicapé gare de Lyon : les policiers portent plainte

Contrôle d’un homme handicapé gare de Lyon : les policiers portent plainte

INFO METRONEWS – Les trois agents incriminés par un homme handicapé qui avait expliqué avoir fait l’objet d’un contrôle abusif la semaine dernière, gare de Lyon, à Paris, ont porté plainte pour "dénonciation calomnieuse". Dans le même temps, le préfet de police a lui déposé plainte pour "diffusion de fausses nouvelles".

Les policiers ont décidé de riposter. Accusés par François Bayiga, un homme handicapé, d’avoir dérapé lors d’un contrôle d’identité gare de Lyon le 2 mai dernier, les trois agents ont porté plainte ce mercredi pour "dénonciation calomnieuse" à son encontre, a appris metronews de sources concordantes. Parallèlement, une plainte du préfet de police à l'encontre de Jean-Didier Bakekolo, l'homme qui avait filmé une partie de la scène avant de la publier sur Facebook, a été déposée pour "diffusion de fausses nouvelles" (lire encadré).

La semaine dernière, François Bayiga avait porté plainte pour violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique. "M. Bayiga ne pouvait ignorer la fausseté des faits qu’il a dénoncés, ayant tout simplement inventé des gestes violents de la part des policiers et la manière dont le contrôle s’était déroulé, peut-on lire dans la plainte des gardiens de la paix que metronews a pu consulter. Il a de surcroît pris le temps de la réflexion puisqu’il a mis deux jours pour déposer plainte, étant rappelé qu’entre-temps, la vidéo tendancieuse diffusée sur les réseaux sociaux avait suscité une vague d’indignation publique à l’encontre des policiers". Une vidéo amateur de la fin du contrôle avait été publiée sur Internet le 2 mai au soir. Jean-Didier Bakekolo, l’auteur des images, racontait alors avoir été témoin "d’une fouille" d’"une brutalité inouïe à la Gare de Lyon". L'enregistrement a depuis été visionné près de deux millions de fois.

Version contestée

La "fouille" à proprement parler et les brutalités policières avancées par Jean-Didier Bakekolo n’étaient pas visibles dans la séquence. On pouvait seulement voir François Bayiga, sans pantalon, assis par terre sur les quais du RER. A côté de lui, ses prothèses de jambes, son jean, et ses biens personnels dispersés sur le sol. Sur France 24 , l’homme contrôlé avait expliqué avoir été "plaqué contre le mur" par les gardiens de la paix. "Tandis que je me débattais, l’un des policiers me tirait la jambe. Il voulait savoir ce que j’avais sur moi, je leur ai dit plusieurs fois "ce sont des prothèses". Ils ont insisté pour me fouiller. J’ai alors tout enlevé. Je me suis assis par terre pour leur montrer qu’ils avaient eu ce qu’ils voulaient", avait-il poursuivi.

Une version qui avait alors été  contestée dès le lendemain par des sources policières . Elles assuraient que l'homme "urinait dans une poubelle" sur le quai au moment des faits. Les gardiens de la paix "lui ont demandé de se rhabiller et l'ont contrôlé pour le verbaliser. Il s'est énervé. Un des agents a alors effectué une fouille, affirmait l’une d’entre elles à metronews. Quand il a procédé à la palpation au niveau des jambes, l'homme a saisi le bras du policier. Ce dernier s'est alors reculé, a demandé à l'individu de se calmer et de sortir ce qu'il avait dans ses poches. Il s'est alors assis, s'est déshabillé, et a jeté ses prothèses en criant sur eu. Ils ont décidé de partir pour éviter d'envenimer la situation et de créer un attroupement. Les images de la RATP en attestent". Depuis, la vidéo des caméras de vidéosurveillance aurait, selon  Le Parisien  qui l’a visionnée, "dédouané les policiers". 

Défenseur des droits saisi

François Bayiga, contacté par metronews vendredi, n’a pas souhaité s’exprimer davantage, expliquant être "fatigué et touché" par le retentissement médiatique. "C’est quelqu’un qui est encore sous le choc. Il n’est pas du tout dans une démarche d’accusation, assure le collectif Contre le contrôle au faciès qui avait saisi le Défenseur des droits. M. Bayiga ne dit pas que les policiers ont voulu lui faire du mal. Il dit ‘essayons de sensibiliser la police à la façon d'agir face à une personne handicapée’". L’affaire avait été largement relayée dans les médias la semaine dernière après que le Défenseur des droits a indiqué sur Twitter ouvrir une enquête. Selon nos informations, François Bayiga devrait être entendu par celui-ci le 18 mai prochain. Il pourrait désormais l'être également par la justice. 

EN SAVOIR + >>  Paris : polémique autour du contrôle de police d'un homme handicapé

 
 

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