Coup de filet dans une secte des Pyrénées-Atlantiques

Coup de filet dans une secte des Pyrénées-Atlantiques

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FAIT DIVERS - Une vaste opération de gendarmerie a été menée dans la nuit de lundi à mardi à Sus (Pyrénées-Atlantiques), où une importante communauté sectaire est implantée.

Plus de 200 gendarmes, un escadron de la gendarmerie mobile, l'Institut de recherche criminelle, le Groupe d'intervention de Pau, des médecins légistes et un hélicoptère... De gros moyens ont été déployés dans la nuit de lundi à mardi pour mener à bien une vaste opération dans les locaux d'une communauté sectaire "Tabitha's place", à Sus près de Pau (Pyrénées-Atlantiques).

Cette secte, implantée dans cette commune des Pyrénées-Atlantiques depuis 1983, est soupçonnée notamment de violences et mauvais traitements sur des enfants, a indiqué le procureur de la République de Pau. "Les activités de cette communauté font l'objet d'une information judiciaire que j'ai ouverte en mars 2014 à la suite d'informations données par un ancien adepte", a ainsi expliqué le procureur Jean-Christophe Muller. Une opération similaire a été conjointement menée à Perpignan, où des membres de la secte travaillent également.

Corrections physiques

Dix personnes,  qui seraient des responsables de la communauté, sont en garde à vue ce mardi soir. Des enfants ont par ailleurs été entendus et examinés par des médecins. Quatre d'entre eux, des frères et sœurs, âgés de 18 mois à treize ans, ont été placés auprès des services sociaux du Conseil général après la découverte de "traces récentes de corrections physiques", qui font partie du "mode d'éducation" dans cette communauté, a souligné le procureur.

Mais l'enquête pourrait mettre en lumière plusieurs dizaines d'autres enfants victimes. L'information judiciaire ouverte pour "soustraction par un parent à l'obligation légale envers ses enfants" doit en effet permettre de savoir dans quelles conditions les "centaines de mineurs" qui transitent dans les locaux de la secte "vivent, sont éduqués et participent à l'activité économique", a poursuivi le parquet.

Travail dissimulé et verset de la Bible

Selon la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), "les enfants sont levés à 6 heures du matin et reçoivent un enseignement toute la matinée. L'après-midi, ils travaillent avec leurs parents. Ils n'ont pas le droit de jouer, les jouets étant l'œuvre du diable". La Miviludes précise également que "les punitions physiques sont réglementées et graduées" au sein de la secte, avec des coups de baguette d'osier ou de règle sur différentes parties du corps. Des violences que les adeptes justifient en invoquant un verset de la Bible : "La folie est liée au cœur des enfants; le bâton qui les châtie les en éloignera".

Les membres de Tabitha's Place, qui exploitent à Sus des terres agricoles et vendent des fruits et des légumes, sont également soupçonnés de travail dissimulé, de fraude aux prestations sociales, de blanchiment de fraude fiscale. En mars 2002, 19 membres de Tabitha's Place avaient été condamnés par la Cour d'appel de Pau pour "soustraction aux obligations légales des parents", notamment refus de scolarisation et de vaccination de leurs enfants. En 1997, un enfant de 19 mois avait perdu la vie faute d'alimentation et de soins. Ses parents avaient été condamnés à douze ans de réclusion criminelle.

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