Couple abattu à Agen : le suspect harcelait la famille depuis trois ans

FAITS DIVERS
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LOT-ET-GARONNE - Le meurtrier présumé d'un couple de quadragénaires abattu mercredi à Foulayronnes devant ses deux enfants avait été condamné suite à une plainte du père de famille.

C’était un contentieux qu’il ruminait depuis des années. Mercredi, Jean-Claude Petitfaux a vraisemblablement décidé de régler ses comptes avec son ancien employeur. Il est près de 8h30 ce jour-là quand il ouvre le feu sur Eric Simon et sa compagne. Le couple de quadragénaires est abattu devant le garage de la maison familial, sous les yeux de leurs deux enfants de 5 et 10 ans, qu’ils s’apprêtaient à emmener à l’école. Le père de famille se savait menacé par son ex-employé. Il avait même déposé plainte en avril pour "menace" contre Jean-Claude Petifaux. Selon les informations recueillies par metronews auprès d’une source proche de l’enquête, ce dernier a été condamné suite à cette plainte, faisant notamment l’objet d’une "mesure d’éloignement".

Un contentieux de vieux de plusieurs années

La victime et son assassin présumé se sont rencontrés au sein de la Seg-Fayat, une grosse entreprise de BTP de la région. Eric Simon, 42 ans, est le directeur du bureau d’Agen. Jean-Claude Petitfaux, 60 ans, y était maçon. Après 11 ans au sein de l’entreprise, ce dernier avait été licencié en 2011 pour "inaptitude". De cette expérience, l’ouvrier avait gardé une certaine rancœur envers son ancien patron. Un conflit vraisemblablement lié à un accident du travail dont avait été victime l'un de ses collègues.

Des années plus tard, Jean-Claude Petitfaux continuait à ressasser cette histoire, allant même jusqu’à s’en plaindre chez lui, dans son village de Sauvagnas, où il vit avec son épouse, à une petite quinzaine de kilomètres d’Agen. "Il en parlait en disant qu’il était en procès avec son ancien employeur", nous confie Annie Gallan, maire de cette commune située à une quinzaine de kilomètres d’Agen. L’élue se souvient d’un homme "plutôt solitaire et aigri, qui se sentait toujours persécuté et qui ne s’est jamais vraiment intégré dans la commune". Un chasseur souvent en treillis qui passait son temps dans la nature mais à qui "on n’avait rien à reprocher localement", poursuit l’édile. "Rien nous laissait penser que ce monsieur pouvait en arriver à cet acte qui nous attriste", conclut-elle.

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L’auteur faisait l’objet d’une mesure d’éloignement

Dans les faits, cette rancœur s’est traduite par des menaces à l’encontre d’Eric Simon, allant jusqu’à des dégradations à son domicile sur le crépis de son habitation. Pour y mettre fin, le chef d’entreprise décide de porter plainte. Le 10 avril dernier, Jean-Claude Petitfaux est condamné pour "harcèlement moral" et une "mesure d'éloignement du domicile et du lieu de travail" est prononcée à son encontre, selon les informations de l’AFP dont metronews a obtenu confirmation.

Une précaution qui n’a pas suffi à dissuader l’auteur présumé mercredi. Une fois son forfait commis l’homme s’était d’abord retranché dans une maison vie d’habitant non loin des lieux du drame. A l’arrivée du propriétaire des lieux l’homme s’est enfui en ouvrant le feu mais sans faire de blessé. Il vole une voiture et s’évapore. C’est ce véhicule dont l’immatriculation a été communiqué mercredi soir dans le cadre d’un avis de recherche. L’homme a finalement été interpellé sans heurts jeudi matin à Agen. Sa rage à l’encontre de son ancien employeur laisse deux orphelins. Hospitalisés en état de choc mercredi, ils ont depuis été confiés à un membre de la famille du père.

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