Créteil : après les croix gammées, un incendie "vraisemblablement criminel" dans une épicerie casher

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FAIT DIVERS – Six jours après la découverte de tags antisémites sur les devantures de deux supérettes situées dans le centre commercial Kennedy à Créteil (Val-de-Marne), un des deux magasins déjà visé a été incendié dans la nuit du lundi 8 au mardi 9 janvier.

Le centre commercial Kennedy de Créteil (Val-de-Marne) reste accessible 24 heures sur 24 et c’est entre 4h et 5h du matin, dans la nuit du lundi 8 au mardi 9 janvier, que l’incendie s’est déclaré. "La police a été alertée par le déclenchement d’une alarme et les pompiers ont été appelés pour intervenir, indique une source proche de l’enquête à LCI ce mardi. A leur arrivée sur place, les secouristes ont découvert le rideau de fer du magasin 'Promo & Destock' à moitié levé, le sinistre à l’intérieur été en cours". 


Une dizaine de pompiers et deux lances ont été mobilisés pour mettre fin au sinistre, précise la brigade des sapeurs-pompiers de Paris. "Les dégâts matériels sont très importants, poursuit la source. Mais plus que ces dégâts, c’est l’impact psychologique de ce nouvel événement qui secoue tout le monde. Cet acte intervient trois ans jour pour jour après l'attentat de l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes à Paris, au cours duquel quatre personnes avaient été tuées". 


Il intervient aussi six jours après que deux croix gammées de 1,50 mètre réalisées à la peinture rouge ont été découvertes sur la devanture du Promo & Destock, épicerie qui vend notamment des produits casher, et une autre sur la devanture de l'Hyper Cacher voisin. 

Deux enquêtes ouvertes, pas d’interpellation

Dès le 3 janvier, le parquet de Créteil avait ouvert une enquête pour "dégradation volontaire du bien d’autrui et injure publique envers un particulier à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée". Ce mardi, une nouvelle enquête a été ouverte pour "dégradation volontaire par incendie". 


"Aucun lien n’est pour l’instant établi entre ces deux événements", fait savoir une source judiciaire à LCI. Ce mardi matin, la police technique et scientifique s’est rendue sur place pour effectuer des relevés. Les forces de l’ordre n’avaient procédé, ce 9 janvier en milieu de journée, à aucune interpellation dans le cadre des deux enquêtes, confiées à la police judiciaire du Val-de-Marne.  "La piste criminelle est clairement privilégiée", s’accordent à dire plusieurs sources. 

"Ça remue beaucoup de choses"

"Je ne peux exprimer que mon indignation après cet acte qui est, c’est presque certain, criminel. Maintenant, l’enquête est en cours et il est difficile à cette heure d"en connaître les raisons, déclare Laurent Cathala, maire PS de Créteil, à LCI. Le centre, dont la gestion est privée, est accessible jour et nuit. Malheureusement, il n’y a pas de caméras de vidéosurveillance bien qu’il y ait souvent des problèmes de délinquance, du trafic de stupéfiants notamment. Les rondes de police ont été renforcées depuis le 3 janvier, mais à notre niveau nous ne pouvons guère faire plus.". 


Joint par notre rédaction, Albert El Harrar, président de la communauté juive de Créteil, indique avoir été appelé par la police dès 5h ce vendredi. "La communauté est bouleversée et c’est normal. Cet acte criminel a été commis en cette période de commémoration. Ça remue beaucoup de choses et ça n’a rien de rassurant. Il faut trouver le ou les auteurs de ces faits. Il ne faut pas que ça aille crescendo", insiste-t-il. 


Depuis la révélation des faits ce jour, de nombreuses personnalités politiques et organisations ont réagi à ce triste événement. 

Les investigations se poursuivent. 

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