Dans les pas de son père, l'escroc a arnaqué 47 prêtres depuis 2009

FAITS DIVERS
POLICE - Près d'une cinquantaine de prêtres ont été victimes d'une équipe d'escrocs qui leur réclamaient de l'argent sous prétexte qu'ils étaient en difficulté financière. Un homme a été écroué au Havre. Son père était connu des services de police et de justice pour exactement les mêmes faits.

Le mode opératoire était parfaitement huilé, sans doute parce qu'il découlait d'une vieille histoire de famille. L'escroc appelait des prêtres dans toute la France prétextant se trouver en difficulté financière puis se faisait remettre des espèces et des mandats cash. Un homme de 27 ans a été mis en examen et placé en détention provisoire pour cette arnaque vendredi 29 juillet, a appris ce mercredi metronews de sources policières.

L'homme, connu pour des faits de violences et de petite délinquance, jouait sur la corde sensible. En prenant l'identité d'un homme décédé, il appelait un prêtre en expliquant que celui-ci l'avait marié il y a plusieurs années. "Puis il prétextait qu'il se trouvait en grande difficulté financière et qu'il avait besoin d'argent. Par charité chrétienne, les prêtres envoyaient de l'argent", détaille à metronews Nicolas de Golmard, commissaire central adjoint du Havre. Entre septembre 2009, date des premiers faits, et 2016, environ 100.000 euros auraient été détournés de la sorte, à travers la France. A chaque fois, l'homme réclamait des sommes pouvant aller jusqu'à 5000 euros.

Sur les traces de son père

L'homme impliqué dans cette vaste arnaque démantelée par la brigade financière de la sûreté urbaine du Havre a été interpellé le 27 juillet à son domicile. En fouillant dans leurs archives, les policiers se sont aperçus que son père, Michel G., avait déjà été mis en cause pour ce même type de fait. "C'était exactement le même mode opératoire", détaille le policier.

Ce dernier avait d'ailleurs déjà été condamné à 33 années de prison cumulées pour cette même arnaque, depuis 1979, selon le procureur de la République, cité au cours d'une audience en 2012 par le journal Paris Normandie . Il avait notamment expliqué avoir été abusé sexuellement par un prélat dans son enfance et que ces actes pouvaient s'expliquer par une certaine forme de vengeance.

Au moins un autre complice

A l'origine, l'enquête a démarré par des dépôts de plainte dans le centre de la France, dans les départements du Loiret et du Rhône, grâce aux plaintes des premiers prêtres victimes de l'escroquerie. "On s'est aperçu que la destination des mandats était dans la région du Havre", poursuit le commissaire central.

L'enquête se poursuit, sous le contrôle d'un juge d'instruction qui a ouvert une information judiciaire. Selon nos informations, les investigations visent au moins un autre complice, soupçonné d'avoir retiré l'argent. L'individu est recherché par les policiers.

Lire et commenter