De "Human Bomb" à Coulibaly, six assauts marquants du GIGN et du Raid

De "Human Bomb" à Coulibaly, six assauts marquants du GIGN et du Raid
FAITS DIVERS

TERRORISME - L'unité d'élite la plus célèbre de France avec le GIGN fête ses trente ans ce vendredi. L'occasion de se rappeler ses principaux faits d'armes. Retour sur six d'entre eux, de Human Bomb à la prise d'otages de l'Hyper Cacher.

Ce vendredi 23 octobre 2015 marque les trente ans de l'unité Recherche, assistance, intervention, dissuasion. Créée en 1985 par Robert Broussard, "super-flic" à l'origine de la mort de Mesrine, avec l'approbation du ministre de l'Intérieur de l'époque Pierre Joxe, elle s'est spécialisée dans la gestion des opérations à haut risque. Prise d'otages, forcenés retranchés, lutte antiterroriste ou encore traque du grand banditisme... L'unité d'élite a souvent été sous le feu des projecteurs.

1993 - "Human Bomb"
Le 13 mai 1993, peu avant 9h30, un homme casqué pénètre dans une école maternelle de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Armé d'un pistolet et d’explosifs, il réclame une rançon de 100 millions de francs (environ 15 millions d'euros). Vingt-et-un enfants et leur institutrice sont menacés. Après d'intenses négociations, auxquelles participe activement le maire de Neuilly de l'époque, Nicolas Sarkozy, la plupart des enfants sont libérés. Le Raid intervient finalement le 15 mai 1993, peu avant 7h30, après s'être assuré, avec la complicité de l'institutrice, que "HB", épuisé, est endormi. Après 46 heures sous haute tension, les derniers enfants retenus et l’enseignante sont libérés, tandis que le preneur d'otage est abattu d'une balle dans la tête.

EN SAVOIR +
>>
Human Bomb : "Nous avons vécu 46 heures d'angoisse"
>> GIGN - Roland Montins : Portrait d'un tireur d'éthique

1994 – Aéroport de Marseille-Marignane
C'est l'un des faits d'armes les plus marquants de l'unité d'élite de la gendarmerie. Le 26 décembre en fin d'après-midi, un commando du GIGN lance l'assaut contre quatre terroristes algériens sur le tarmac de l'aéroport de Marignane, à Marseille. Le 24 décembre, ces membres du Groupe islamique armé (GIA), ont pris en otage le vol 8969 avant son décollage de l'aéroport d'Alger à destination de Paris. Vingt gendarmes se répartissent sur des passerelles face aux portes de l'appareil qu'ils font exploser pour pénétrer à bord. L’intervention dure quelques minutes dans des conditions de dangerosité extrême à l'intérieur d'un espace confiné où sont regroupés environ 200 passagers. En quelques minutes, les quatre terroristes sont abattus grâce notamment à l'habilité du sous-officier Thierry Prungnaud. A lui seul, il élimine dès son entrée dans l'appareil un terroriste et en blesse un autre, avant d'être grièvement blessé. En tout, neuf policiers d'élite sont blessés au cours de cet assaut spectaculaire. Les passagers sont saufs. Auparavant, trois d'entre eux avaient été tués à Alger par les terroristes.

EN SAVOIR + >> GIGN : "L'un sans l'autre, on n'est rien"

1995 – Khaled Kelkal
La traque aura duré près de soixante heures dans les Monts du Lyonnais (Rhône). Khaled Kelkal, 24 ans, soupçonné d'être le principal responsable des attentats de l'été 1995, qui ont fait 10 morts et plus de 200 blessés, est repéré le 27 septembre près d'Yzeron, dans une zone boisée, grâce au signalement d'un promeneur. L'homme le plus recherché de France parvient à s'enfuir tandis que l'un de ses complices est blessé et interpellé. Plus de 700 gendarmes, appuyés par les gendarmes du GIGN, vont le rechercher durant deux jours. Finalement, alors que ce dispositif commence à être levé, un nouveau signalement amène une poignée de fonctionnaires à se rendre sur place. Ils tombent sur le suspect, arme au poing, qu'ils abattent le 29 septembre.

2012 – Mohamed Merah
Retranché dans son appartement du quartier de Côte Pavée, à Toulouse, Mohamed Merah est déterminé à "mourir, les armes à la main". Depuis de longues heures, un important dispositif de police est regroupé autour de l'appartement de l'auteur présumé des tueries djihadistes de Toulouse et Montauban, qui ont fait 7 morts et 6 blessés, en mars 2012. Malgré les négociations avec le jeune terroriste de 23 ans et la volonté des policiers de le capturer vivant, la détermination de Merah les pousse à donner l'assaut par la fenêtre de son logement, qui se trouve au rez-de-chaussée, alors que le terroriste ne donne plus signe de vie. Avec une prudence extrême les hommes du Raid, qui ont déjà essuyé des tirs à travers la porte d'entrée, pénètrent dans l’appartement de 38 m2. Le "tueur au scooteur" surgit de la salle de bain et tire plusieurs fois sur les policiers, qui ripostent. Plus de 300 coups de feu sont échangés, dont une trentaine tirée par Mohamed Merah. Il est finalement abattu de deux tirs mortels, tandis qu'il tente d'enjamber son balcon. Envisagée comme rapide, la neutralisation de Mohamed Merah aura finalement pris 32 heures.

EN SAVOIR + >> Merah : ses échanges avec la police avant l'assaut diffusés

2015 – Amedy Coulibaly et les frères Kouachi
Le 9 janvier 2015, alors que le GIGN est déployé devant l'imprimerie de Dammartin-en-Goële pour mettre la main sur les frères Kouachi, le Raid est dépêché aux alentours de l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes. Les deux prises d'otages sont étroitement liées, chacun des assaillants prévenant les forces de police qu'ils tueront leurs prisonniers si un deux endroits est pris d'assaut. Dans la supérette, visée pour sa clientèle de confession juive, Amedy Coulibaly prend en otages vingt personnes dès 13h. Trois sont tuées immédiatement, une autre un peu plus tard pendant l'assaut. Dans le même temps, plusieurs clients sont escortées dans une chambre froide par Lassana Bathilly, employé du magasin. L'assaut est lancé vers 17h. Une colonne du Raid fait son entrée dans le magasin. Essuie plusieurs balles, sans dommages corporels. Quelques secondes plus tard, Coulibaly sort du magasin et est abattu. Dans le même temps, à Dammartin-en-Goële, les frères Kouachi sont également abattus. Sans qu'aucun otage n'ait trépassé.

EN SAVOIR + >>  Le premier policier du Raid raconte l'assaut

À LIRE AUSSI >> Notre dossier sur l'attentat Charlie Hebdo

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter