Dieudonné sera jugé en correctionnelle pour "apologie du terrorisme"

FAITS DIVERS

JUSTICE - Le polémiste Dieudonné sera jugé en correctionnelle le 4 février pour apologie du terrorisme. Sur Facebook dimanche soir, il avait écrit se sentir "Charlie Coulibaly".

Dieudonné devra rendre des comptes devant le tribunal correctionnel suite à sa publication sur Facebook. Dimanche soir, après la manifestation historique en hommage aux victimes des attentats perpétrés par les frères Kouachi et Amedy Coulibaly, il avait écrit sur le réseau social qu'il se sentait "Charlie Coulibaly", en référence à l'un des terroristes. Une enquête avait alors été ouverte pour "apologie du terrorisme".

A l'issue de sa garde à vue mercredi., le parquet de Paris a décidé de convoquer le polémiste le 4 février prochain, selon son avocat Me Sanjay Mirabeau. Celui qui a déjà été condamné plusieurs fois pour antisémitisme a plaidé qu'il ne cherchait "qu'à faire rire", mais cette défense risque une nouvelle fois de laisser la justice de marbre. ( lire notre article : où s'arrête la liberté d'expression ? )

Jusqu'à 7 ans de prison

Sur Facebook, Dieudonné avait ainsi assuré avoir participé à la grande marche dimanche, tout en la tournant en dérision, la qualifiant d'"instant magique comparable au big-bang", "comparable au couronnement de Vercingétorix". "Sachez que ce soir, en ce qui me concerne, je me sens Charlie Coulibaly", avait-il ensuite asséné, détournant le slogan de soutien à Charlie Hebdo, "Je suis Charlie", en l'associant au nom de l'auteur de la prise d'otages dans l'épicerie casher porte de Vincennes.

Début septembre, le parquet de Paris avait ouvert une enquête pour le même délit d'apologie du terrorisme après la diffusion d'une vidéo où il ironisait sur la décapitation du journaliste américain James Foley par l'organisation État islamique (EI). Dans un autre enregistrement, en 2010, l'humoriste controversé avait aussi appelé à la libération de Youssouf Fofana, condamné pour le meurtre d'Ilan Halimi, jeune juif séquestré, torturé et tué en 2006. Dieudonné avait été relaxé début février mais doit comparaître en appel sur le volet civil de ce dossier. Le délit d'apologie du terrorisme peut être puni d'une peine allant jusqu'à cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende. Elle peut être portée à sept ans et 100.000 euros si les faits ont été commis en utilisant un service de communication au public en ligne.

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