Dijon : un mystérieux "commando" identitaire revendique des attaques au marteau

Dijon : un mystérieux "commando" identitaire revendique des attaques au marteau

FAITS DIVERS
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FAIT DIVERS - Fin septembre à Dijon (Côte-d'Or), trois personnes avaient été agressées à coups de marteau par un individu au visage masqué. Ce vendredi, on apprend qu'un "commando" disant vouloir "contrer l'islamisation" de la France a revendiqué l'attaque.

Les enquêteurs sont perplexes. Plus d'un mois après les violentes attaques au marteau du 26 septembre dernier dans les environs de l'université de Dijon - un agresseur au visage dissimulé avait attaqué une femme et deux hommes  -, cette affaire jusque-là inexpliquée vient de prendre une nouvelle tournure. Pas moins floue, d'ailleurs. En effet, on apprend ce vendredi 3 novembre, un mystérieux "commando" disant vouloir "contrer l'islamisation" de la France, a revendiqué auprès du quotidien Le Bien Public ces agressions. Il a aussi menacé de recommencer, dans cette revendication reçue par mails jeudi et vendredi par le quotidien.


S'il est trop tôt pour juger de l'authenticité de cette revendication, "nous allons l'exploiter très sérieusement", a déclaré vendredi à l'AFP le procureur de la République de Dijon, Éric Mathais. "Ce groupuscule n'est ni connu localement, ni nationalement", a-t-il ajouté, précisant que l'enquête se trouve entre les mains de la police judiciaire. "S'il s'agit d'une revendication opportuniste, ce qu'on a plutôt tendance à penser dans un premier temps, certains propos ne sont pas tolérables, des menaces de mort ou incitations à la haine raciale, et sont susceptibles de faire l'objet de poursuites" en eux-mêmes, a-t-il averti. 

Des victimes "choisies" en raison de leur port du voile ou de leur couleur de peau

Le procureur s'est également étonné du temps écoulé entre les faits et la revendication. Si celle-ci est authentique, "elle serait susceptible d'aider à identifier les auteurs, voire les complices" des attaques, a-t-il poursuivi. Dans un message audio lu par une voix synthétique, transmis jeudi par mail au Bien Public, le groupe, qui s'est baptisé "commando de défense du peuple et de la patrie française", affirme que les attaques "sur le site de l'université de Bourgogne (...) au cœur de l'un des symboles du multiculturalisme, marquent l'acte de naissance de notre mouvement".

L'enregistrement ajoute que les victimes ont été "choisies" en raison notamment de leur port du voile ou de leur couleur de peau, des éléments qui coïncident avec les faits et qui "montrent que les personnes qui ont fait cette bande sonore sont bien renseignées", selon le procureur. Dans un autre mail reçu vendredi par Le Bien Public, "le groupe déclare son admiration pour Anders Behring Breivik", l'auteur d'une tuerie qui a fait 77 morts en Norvège en 2011. Il "fait également part de son intention de passer une nouvelle fois à l'acte", selon le quotidien régional.


Deux autres attaques au marteau avaient eu lieu le 15 septembre à Chalon-sur-Saône dans le département voisin de Saône-et-Loire, dont une au cri d'"Allah Akbar", mais les enquêteurs n'ont jusqu'ici pas établi de lien entre ces affaires.

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