Disparition d’une policière dans la Seine : "Il y avait des risques évidents, personne ne pouvait l'ignorer"

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FAIT DIVERS – La jeune femme gardien de la paix portée disparue vendredi 5 janvier au cours d’un exercice organisé sur la Seine restait introuvable ce lundi. Le parquet de Paris a confié à la "police des polices" une enquête pour rechercher les raisons de la disparition de cette policière âgée de 27 ans, tandis que le syndicat Unsa-Police a demandé samedi l'ouverture d'une enquête administrative sur les conditions dans lesquelles a été réalisé cet exercice.

Une femme portée disparue, des fonctionnaires sous le choc et des questions qui restent en suspens. Quatre jours après la disparition d’une femme gardien de la paix au cours d’un exercice organisé sur la Seine par la Brigade fluviale de la préfecture de police de Paris, la victime est toujours introuvable. "Les recherches ne cesseront que lorsque le corps de la plongeuse sera retrouvé, commente ce lundi une source proche du dossier à LCI. Depuis ce matin, trois sonars se relaient, des drones sont aussi utilisés, plusieurs plongeurs sont en place et deux embarcations sont à l’eau". 


Dimanche, le parquet de Paris précisait avoir ouvert dès le 5 janvier une enquête pour "recherche des causes de la disparition". Celle-ci a été confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices". "Nous avons demandé samedi l'ouverture d'une enquête administrative sur les conditions dans lesquelles avait été réalisé cet exercice. Nous voulons savoir qui a décidé de le maintenir alors qu’il n’y avait aucune urgence et qu’il y avait des risques évidents. Personne ne pouvait l'ignorer. La météo n’était pas bonne, le courant était fort et la crue de la Seine avait commencé. L’exercice aurait pu être différé", insiste le secrétaire départemental adjoint du syndicat Unsa-Police, Nicolas Pucheu.

Elle aurait tenté de plonger à plusieurs reprises

Selon Nicolas Pucheu, "quatre collègues se trouvaient" avec la jeune femme à bord du Zodiac de la brigade fluviale au moment de l’accident, qui s’est produit vers 11h45 à hauteur de la cathédrale Notre-Dame de Paris. "La plongeuse avait une ‘ligne de vie’ tenue par un nœud de chaise à sa ceinture et à l’embarcation. Entre les deux, comme à chaque exercice, un autre plongeur tenait cette ligne de vie, ou ‘commande’, pour sentir si la personne immergée a un problème", détaille-t-il. 


La jeune femme, selon le représentant Unsa-Police toujours, "serait allée une première fois à l’eau mais avec les remous notamment, elle ne serait pas parvenue à atteindre le fond du fleuve". Elle aurait alors "levé le bras une première fois pour dire qu’elle était en difficulté". Elle aurait ensuite "tenté une deuxième fois de plonger, sans y parvenir, et aurait à nouveau levé le bras". Le plongeur secouriste se serait alors mis à l’eau pour tenter de lui porter secours et de la ramener dans l’embarcation. C’est là que le nœud aurait cédé. "Le plongeur n’a pas eu le temps d’aller la récupérer. Sa ceinture était lestée d’une vingtaine de kilos de plomb, auxquels il faut ajouter dix à vingt kilos de bouteilles d’oxygène. Elle a immédiatement disparu", dit-il. 


Le secrétaire départemental précise que l’exercice en question consistait à aller au fond du fleuve et à remonter. "C’est une plongée à l’aveuglette, qui se fait à tâtons. L’eau de la Seine n’est jamais claire… Les fonctionnaires de la fluviale en font régulièrement pour avoir le minimum d’appréhension en cas d'intervention". 

"Diplômée de plongée depuis trois semaines"

Unsa-Police fait savoir que la jeune femme de 27 ans était" originaire de Nice". "Notre collègue, qui avait intégré la police après l’école de Nîmes, était à la brigade fluviale depuis septembre 2016. Même si elle s’entraînait souvent, on ne peut pas dire que ce soit une plongeuse aguerrie. Elle venait d’obtenir son brevet de plongée, il y a trois semaines précisément".  


Le secrétaire départemental adjoint d’Unsa-Police tient aujourd'hui à souligner que son syndicat "n’incrimine pas du tout les collègues qui se trouvaient avec la jeune femme au moment du drame, collègues qui ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour lui porter secours". "Ce que nous dénonçons, ce sont ces exercices qui sont mis en place dans des conditions de sécurité qui ne sont absolument pas respectées. Nous pointons également du doigt le manque de formation de certains fonctionnaires qui peuvent parfois être paniqués dans des situations extrêmement difficiles, comme ça a pu être le cas vendredi". 


Les opérations devaient se poursuivre ce lundi jusqu’à la tombée de la nuit. "Il faudra, nous pensons, attendre une décrue pour retrouver cette policière. Les conditions sont difficiles avec, entre autres, le niveau de la Seine qui avait atteint les 4 mètres en milieu de journée et qui n'a cessé, au fil des heures, d'augmenter", confiait une source proche du dossier à LCI.


Selon l'organisme de contrôle Vigicrues, la Seine devrait atteindre une cote maximum comprise entre 4,1 et 4,6 m dans les prochains jours.

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