Disparition de Maëlys : drone, technique de l'escargot, axes de fuite... Comment les gendarmes mènent les recherches

ISÈRE - Cinq jours après la disparition de la petite Maëlys durant un mariage à Pont-de-Beauvoisin (Isère), les investigations se poursuivent tous azimuts. Sur le terrain, si les intenses recherches n’ont livré aucun indice, elles ont repris ce matin dans des zones difficiles d’accès et sous une pluie battante. Loin d’entamer la détermination des équipes sur le terrain. En parallèle, un homme a été placé en garde à vue ce jeudi matin.

Dans une affaire de disparition, les 48 premières heures sont déterminantes, répètent souvent les enquêteurs. Les gendarmes qui évoluent en ce cinquième jour de recherches pour retrouver la petite Maëlys dans les bois escarpés longeant la rivière du Guiers ne le savent que trop bien. Alors, comme pour conjurer le sort de cette course contre la montre qui ne semble pas jouer en leur faveur, ils persévèrent dans leur travail "méthodique" en ignorant cet autre temps qui s’acharne, lui aussi. "La pluie ne perturbe pas notre évolution sur le terrain et nos recherches, assure le capitaine Sommen, uniforme trempé jusqu’à la moelle. On ne va pas s’arrêter à ça. Tant qu’il y a des possibilités et un espoir, on se doit de continuer." 

Terrain accidenté

Les 57 hommes de l’escadron de Maison-Alfort, venus prêter main forte, poursuivent ainsi leurs investigations de "fourmis" selon la technique de l’escargot : de la salle du mariage de Pont-de-Beauvoisin, où l’enfant de 9 ans a été vue pour la dernière fois dans la nuit de samedi à dimanche, jusqu’aux bois, plans d’eau et rivière plus éloignés. Une partie des gendarmes quadrillent en véhicules le sud et l’ouest de la zone, qui pourraient correspondre à "des axes de fuite", détaille le commandant Pertué. L’autre partie évolue à pieds, rangers boueux noués aux chevilles pour éviter les chutes, bâtons à la main pour écarter feuillages et ronces qui cachent la vue. 

Ce jeudi, ils ont traversé la rivière qui sépare les départements de l’Isère et de la Savoie, de "Pont-de-Beauvoisin" à "Le Pont-de-Beauvoisin". Deux villages porteurs d’un même nom et désormais, d’une même tragédie. Dans le premier s’est noué le drame, dans le second s’élargissent les recherches. "De voir tout ça… C’est terrible ce qui se passe ici…", glisse un habitant en regardant les camions de gendarmerie filer au loin. La photo du visage de Maëlys prise quelques heures avant sa disparition hante les devantures des commerces derrière lui. Ce jeudi matin, trois plongeurs continuaient de sonder les étangs tandis qu’un drone survolait de nouveau le secteur pour dresser une carte 3D de ce territoire plus habitué aux randonnées qu’aux recherches de petites filles. 

Un homme de 34 ans en garde à vue

Mais si la détermination et le travail acharné des équipes terrain n’ont jusque-là pas porté leurs fruits, ils ont permis de "lever certains doutes", explique un gendarme. En langage moins policé, la piste de l’accident semble bel et bien écartée au détriment de celle de l'enlèvement : aucun objet ou trace de la fillette n’ont en effet été retrouvés dans le périmètre passé au peigne fin. Quant aux chiens pisteurs, ils marquent l’arrêt devant le parking de la salle. 

C’est donc sur l’autre terrain, judiciaire, que se jouera peut-être le dénouement de l’enquête. Un homme de 34 ans a été placé en garde à vue en fin de matinée. Une source proche du dossier indique que ses déclarations confrontées à celles d’autres invités du mariage ont révélé "des incohérences". Dans son communiqué, la procureure de Bourgoin-Jallieu, Dietlind Baudoin, a demandé de faire montre de prudence et de ne tirer "aucune conséquence hâtive". Son audition, précise-t-elle, a pour objet de "clarifier l’emploi du temps" de cette personne "qui s’est absentée de la soirée sur des créneaux horaires pouvant correspondre à la disparition de Maëlys". Ce jeudi après-midi, les recherches se poursuivaient et de nouvelles étaient menées dans le véhicule de cet homme. 

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