Disparition de Maëlys : pourquoi les autorités n'ont pas mis en place l'alerte enlèvement

FONCTIONNEMENT – Après la disparition de Maëlys, 9 ans, lors d’un mariage à Pont-de-Beauvoisin (Isère) dans la nuit de samedi à dimanche, une enquête pour enlèvement a été déclenchée lundi matin, sans que le dispositif Alerte Enlèvement ne soit pour autant déclenché pour retrouver l’enfant. Explications.

Pourquoi un simple avis de recherche et un appel à témoins pour Maëlys ? C’est la question que beaucoup se posent après la disparition de la fillette à Pont-de-Beauvoisin, dans l’Isère. 


Maëlys et sa famille se trouvaient à un mariage lorsque, dans la nuit de samedi à dimanche, ses parents ont constaté sa disparition. D’importants moyens ont ensuite été mis en place dimanche avant que le parquet de Bourgoin-Jallieu ne se décide lundi matin à ouvrir  une enquête pour enlèvement. Mais sans avoir préalablement déclenché le dispositif Alerte Enlèvement.

Mis en place en 2006 en France et inspiré de l’"Amber Alert" américain lancé en 1996 après la disparition de la fillette portant ce prénom, le plan Alerte Enlèvement est un moyen massif de prévenir la population en cas de rapt d’enfant. Il s’agit alors d’un message contenant la photo de l’enfant, des informations sur son âge, sa taille, ses vêtements et le dernier lieu où il a été vu. Celui-ci est diffusé par tous les biais possibles (radio, télévision, panneaux d’affichage…). Son but est de pouvoir retrouver l’enfant rapidement via des témoignages.

Pour déclencher l’Alerte Enlèvement, il faut que quatre critères soient respectés :

- La victime est mineure

- L’enlèvement est avéré et il ne s’agit pas juste d’une disparition

- La vie ou l’intégrité physique de l’enfant est en danger

- Les autorités disposent d’informations permettant de localiser l’enfant ou d’identifier son ravisseur.


Le procureur de la République compétent sur le territoire concerné est la seule personne pouvant décider du déclenchement du dispositif, après concertation avec les enquêteurs et consultation du ministère de la Justice. L’accord des parents est également nécessaire au préalable.

Tous les critères n'étaient pas réunis

Dans le cas de la disparition de Maëlys, les quatre critères n’étaient pas réunis. Et notamment l’enlèvement avéré. Si la fillette a été vue pour la dernière fois dimanche à 3h du matin dans la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin alors qu’elle "jouait avec des amis", personne n’a en effet assisté à son enlèvement. Les invités présents ont d'ailleurs d’abord pensé qu’elle s’était endormie dans un coin avant que les forces de l'ordre ne soient mobilisées (gendarmes, hélicoptères, plongeurs, etc.) pour passer le secteur au peigne fin. 


Dimanche soir, un appel à témoins pour "disparition inquiétante de personne mineure" a été lancé avant que l’affaire ne soit donc requalifiée en enlèvement lundi matin. Toutes les personnes présentes au mariage vont désormais être entendues. Il est toujours possible de déclencher par la suite l’Alerte Enlèvement en cas de nouveaux éléments. Mais  par expérience, les autorités savent que tout se joue généralement dans les premières heures après l’enlèvement de l’enfant pour que le dispositif soit efficace.

L'alerte enlèvement déclenchée à 22 reprises

Depuis juillet 2006 et son entrée en vigueur, l’Alerte Enlèvement a été déclenchée à 22 reprises. Le dernier plan en date remontait au mois de juin et à l’enlèvement d’Adam, 5 ans, par son père. Ce dernier l’avait alors ramené à sa grand-mère 48 heures plus tard. Chaque année, quelque 45.000 mineurs sont inscrits au fichier des personnes disparues. La majorité sont des fugueurs et n’entrent donc pas dans le cadre du plan Alerte Enlèvement.

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