Disparition du petit Mathis : le père va-t-il enfin dire ce qu'il a fait de l'enfant ?

Disparition du petit Mathis : le père va-t-il enfin dire ce qu'il a fait de l'enfant ?

FAITS DIVERS
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JUSTICE - Le procès de Sylvain Jouanneau, accusé d'avoir enlevé son fils Mathis, s'ouvre lundi devant les assises à Caen. L'enfant est introuvable depuis 2011 et le père, "animé" d'un désir de "vengeance" selon la parquet, n'a jamais dit ce qu'il en avait fait.

"La seule chose qu'on attend, c'est que (Sylvain) Jouanneau parle. Mais on n'en est pas du tout certain". Nathalie Barré, la maman du petit Mathis, se bat depuis quatre ans pour retrouver son fils, enlevé par son ex-mari en 2011. Elle espère que le procès de ce dernier, qui s'ouvre lundi devant les assises à Caen, permettra de faire enfin éclater la vérité.

Mais rien n'est mois sûr tant le père, depuis qu'il est allé chercher son fils à l'école ce 4 septembre 2011, a gardé le secret sur ce qu'il en avait fait. "Après trois années et demi d'emprisonnement, qu'est-ce qui pourrait le faire craquer ? Je le souhaite mais au fond de moi-même, je n'y crois pas", a ainsi déclaré vendredi le père de l'accusé, Jean-Pierre Jouanneau, à France 3 Basse- Normandie .

Sylvain Jouanneau, qui encourt 30 ans de prison, aurait-il souffert du "syndrome de Médée" et tué l'enfant de son ex-compagne pour la punir ? C'est une possibilité pour le parquet, qui estime le maçon de 41 ans "animé" par un désir de "vengeance". Arrêté trois mois après l'enlèvement, le 9 décembre 2011, Sylvain Jouanneau affirme de son côté avoir confié l'enfant à des tiers, et ne pouvoir parler pour le "protéger".

Il assure que Mathis est "en sécurité"

Son avocate, Véronique Demillière, a indiqué que son client attendait "avec impatience ce procès pour montrer qu'il n'est pas mutique". Mais "je pense qu'il ne souhaite pas" dire à qui "il a confié" l'enfant "parce qu'il n'a pas envie d'envoyer des gens qui lui ont fait confiance derrière les barreaux", a-t-elle précisé.

En attendant de voir ce que révéleront les audiences, qui doivent durer quatre à cinq jours, le mystère de cette disparition reste total. Aucune trace de sang n'avait été retrouvé dans le camping-car et la Peugeot 206 Breack utilisés après l'enlèvement par l'accusé, "sale comme quelqu'un qui vit dans des conditions précaires" lors de son arrestation.

Selon une source judiciaire, Sylvain Jouanneau avait écrit en 2011 que Mathis était "en sécurité" avec des personnes en lesquelles il disait avoir "toute confiance", et que "(ses) frères musulmans" (il s'est converti à l'islam après une relation en 2006-2007 avec une jeune femme marocaine, ndlr) prendraient en charge l'avenir du garçonnet. Il affirmait alors aussi être soutenu "par des complices sûrs et puissants". L'enfant a été recherché dans des institutions musulmanes et chrétiennes en Espagne, en Italie et au Maroc, et dans des associations de type sectaire en France. En vain jusqu'ici.

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