Disparition de Maëlys : Traces d'ADN ? On en laisse un peu partout à notre insu

FAITS DIVERS
ENQUÊTE - Plus d'une semaine après la disparition de la fillette de 9 ans en Isère, l'étau semble se resserrer autour du suspect écroué dimanche soir après la découverte de traces ADN de l'enfant dans sa voiture. Mais pour la généticienne Catherine Bourgain, il faut se montrer prudent. Elle nous explique ce qu'est une trace ADN, élément désormais au centre de cette affaire, et de nombreuses autres.

ADN, pour acide désoxyribonucléique , trois lettres devenues incontournables dans toute bonne enquête policière. Et pour cause, cette molécule, invisible à l'œil nu, est dans tous les tissus du corps humain : dans le sang et le sperme, bien sûr, mais aussi sur un cheveu, un postillon, une marque de front posé sur une vitre, des cellules de peau retrouvées sous des ongles, quelques gouttes de transpiration... C'est le marqueur infaillible de notre identité, la trace de notre passage où que l'on aille. 

L’ADN est-il présent partout ?

"Prenez simplement l'exemple des peaux mortes, on en laisse absolument partout", explique à LCI Catherine Bourgain, généticienne à l'Inserm, auteur du livre "ADN superstar ou superflic ? Les citoyens face à une molécule envahissante (Seuil). "Toutefois, la quantité prélevée sera variable d'un individu à l'autre et du temps passé dans un lieu donné. Si on se mettait à analyser les toilettes d'une entreprise, on retrouverait quasiment l'ADN de tous les salariés", poursuit-elle.


Conséquence, pour les enquêteurs de police, les tests ADN sont devenus presque incontournables depuis 1987, date à laquelle ils ont été utilisés pour la première fois pour confondre un violeur et tueur en série. "Rendez-vous compte, il faut un milliardième de matière biologique pour établir un profil génétique. Chaque partie du corps, et même ce qui est en contact avec notre organisme, comme une montre ou une cravate, peuvent apporter son lot d’ADN et permettre l'identification formelle d'un individu", détaille Catherine Bourgain.


Un avantage certain par rapport à l’empreinte digitale qui était pendant de nombreuses années la seule preuve qui permettait d’identifier partiellement une personne. "L’empreinte digitale peut être masquée par le port de gants, l’empreinte génétique, elle, est renfermée dans chaque noyau de chaque cellule, on la laisse à notre insu. C’est là toute sa richesse", précise la généticienne. 

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L'ADN est-il une preuve suffisante ?

"Attention toutefois à la volatilité de l'ADN", met-elle en garde. "Si par exemple, je vous sers la main et qu'ensuite je pose ma main sur le visage de quelqu'un, on y retrouvera mon ADN mais également le vôtre, sans que vous ne soyiez jamais rentré en contact avec cette personne. L'ADN ne peut donc pas être une preuve infaillible pour condamner un suspect. J'ai une liste longue comme le bras d'erreurs judiciaires après des tests génétiques. Il faut donc relativiser son rôle dans la recherche de la vérité", conclut Catherine Bourgain.

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