Dodo la Saumure :  "Si je suis condamné, je ferai appel"

Dodo la Saumure : "Si je suis condamné, je ferai appel"

FAITS DIVERS
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JUSTICE – Le parquet a entamé mardi matin le début de ses réquisitions à l'encontre des quatorze prévenus du dossier du Carlton. Du sursis pour huit des accusés, du ferme pour Dodo la Saumure. Celles de Dominique Strauss-Kahn et de ses amis sont attendues dans l'après-midi.

A la sortie du palais justice de Lille mardi midi, Dominique Alderweireld, alias Dodo la Saumure, ne semble pas vraiment inquiet. Le procureur a pourtant requis à son encontre la plus lourde peine de la matinée : un an de prison ferme, un autre avec sursis et 10.000 euros d'amende. Pour sept autres accusés, du simple sursis. "Si je suis condamné, je ferai appel", répond le tenancier de maisons closes belges à la nuée de micros tendus. Face aux caméras, Dodo se montre toujours disponible, prêt à dégainer un bon mot.

Un show permanent dont a peu goûté le procureur Frédéric Fèvre qui s'est chargé de refaire son portrait un peu plus tôt. "Il fanfaronne, il tonitrue, il manie le sens de la provocation au point de se comparer à Audiard, et c'est bien le seul. Ses traits d'humour sont d'un cynisme effrayant", entame le ministère public qui toute la journée déroule ses réquisitions à l'encontre des quatorze prévenus poursuivis pour proxénétisme aggravé. Celles de Dominique Strauss-Kahn et de ses amis du nord sont attendues dans l'après-midi.

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Les clubs de Dodo comparés à Guernica

"C'est un madré, malin, qui sait utiliser toutes les ressources pour faire fructifier ses activités", poursuit-il, argumentaire très imagé à l'appui : "Il nous dresse un tableau idyllique de ses établissements mais du "Déjeuner sur l'herbe" de Manet on passe rapidement à "Guernica" de Picasso". Le procureur revient sur le témoignage de Jade, ancienne prostituée, qui avait glacé la salle d'audience en décrivant à la barre ses conditions de travail dans l'un des établissements de Dodo : "Lorsque le client sonnait, je rejoignais les autres filles. On était exposées comme de la viande. Il fallait une certaine variété pour qu'il puisse faire son marché : des minces, des grosses, des blondes, des noires, des Asiatiques..."

Celui qui tire son surnom de la marinade pour maquereau avait alors reconnu que ses "clubs, c'est pas vraiment le luxe du Carlton", mais assurait-il "mes filles sont indépendantes". "Un subterfuge, c'était lui le boss !, assène le procureur. C'est lui qui recrutait, fixait les tarifs, donnait son autorisation" pour que les filles viennent en France. Prenant en compte le "passé judiciaire" de l'accusé, qui affiche13 condamnations dont deux pour proxénétisme, le parquet réclame du ferme contre le "maquignon qui compare les femmes à du cheptel". "C'est un délinquant et son casier démontre que le repentir est une notion qui lui est totalement étrangère", conclut sévère Frédéric Fèvre.

"Il est dans son rôle. Quant à mon humour, il a le droit de ne pas aimer", commente en coulisses l'intéressé, bien plus détendu que sur le banc des prévenus. De ce procès, Dodo la Saumure dit n'avoir qu'un seul regret : "avoir dit que certaines filles avait un QI de 25". Avant de glisser dans un sourire : "Même si elles ne sont pas toutes des cousines d'Einstein".

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