Double égorgement à Paris : "Mon fils n'est pas un terroriste !", déclare la mère du suspect

Double égorgement à Paris : "Mon fils n'est pas un terroriste !", déclare la mère du suspect

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FAIT DIVERS – Ramzi, 31 ans, soupçonné d’avoir égorgé son père et son frère vendredi matin dans le 11e arrondissement de Paris a été transféré dans l’après-midi le jour même en psychiatrie au vu de son état déclaré "incompatible avec un placement en garde à vue", pour être placé à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police (I3P). La mère du suspect, qui est donc également la femme et la mère des deux défunts, exprime ce lundi son désarroi dans Le Parisien.

Le drame s’était déroulé vers 11 heures du matin et le suspect, fils et frère des deux victimes, avait été retrouvé près d’un des corps en sang. Deux jours après les faits, Khedidja, mère de Ramzi, 31 ans, soupçonné d’avoir égorgé son père Mohamed (63 ans) et son petit frère Skander (27 ans) s’exprime pour la première fois dans la presse, deux jours après le drame. 


"Mon fils n'est pas un terroriste ! Ce n'est pas la vérité ! Il adorait son père, ses frères, sa famille... Il était en arrêt maladie à cause d'un harcèlement au travail. Il a une femme et deux enfants...", dit cette femme dévastée dans les colonnes du Parisien. Et si la veuve a revêtu sa tenue de deuil, elle ne semble ne pas réaliser le terrible événement qui vient de briser sa vie. 

Son fils radicalisé ? "Des mensonges", selon sa mère

En plus des deux hommes qu’elle pleure aujourd’hui, Khedidja doit affronter des rumeurs, selon elle. Juste après le double meurtre, des informations selon lesquelles Ramzi aurait fait l'objet d'un signalement par sa famille comme "radicalisé", ont circulé - et ce jusqu'en Tunisie, le pays d'origine des parents. "Ils mentent !", rétorque la maman du suspect. 


Quant au fait qu'il soit fiché S (une information confirmée par le parquet de Paris) ses proches ne le comprennent pas. "Ramzi n'a rien à voir avec ces fous endoctrinés qui partent en Syrie, réagit son épouse, elle aussi interrogée par le quotidien. Il est contre le meurtre et la torture !" 


Conducteur de travaux depuis dix ans dans une grande entreprise du BTP,  le trentenaire était en arrêt maladie pour dépression depuis un an. "Personne ne sait tout ce qu'il a enduré, poursuit sa mère Khedija. Sa hiérarchie le traitait comme un chien. Les syndicats ne l'ont pas aidé... Mon fils, il se battait pour son droit, seul."

Convoqué pour licenciement ?

La femme du meurtrier présumé indique que son mari avait été convoqué pour un entretien préalable au licenciement deux jours avant la tragédie. "Il a subi de fortes pressions psychologiques et morales, qui ont altéré sa santé, décrit-elle. Il voulait que ça se termine. Commencer une nouvelle vie", dit-elle. 


L’avocat de la famille affirme à nos confrères que les signes avant-coureurs de ce qu'il qualifie de "crise de panique aiguë" s'étaient multipliés ces derniers temps. "Il avait des hallucinations. Il avait dit à son entourage qu'une forme le suivait." La veille du drame, alors qu'elle séjournait en Tunisie, Khedija avait reçu un appel de son mari, qui s'inquiétait de l'état de santé de leur fils...  L'enquête sur le double homicide a été confiée à la 2e DPJ. Le parquet a confirmé qu'il n'y avait "aucune dimension terroriste dans ce geste". 

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