Double meurtre d'Agen : le suicide du tireur en prison aurait-il pu être évité ?

Double meurtre d'Agen : le suicide du tireur en prison aurait-il pu être évité ?

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LOT-ET-GARONNE - Mis en examen et incarcéré vendredi soir après être passé aux aveux, Jean-Claude Petitfaux, suspecté d’avoir tué par balles un couple de Foulayronnes devant ses enfants, s’est suicidé en prison samedi. Metronews a essayé d'en savoir plus sur cette mort qui interpelle.

Jean-Claude Petifaux s’est suicidé dans sa cellule de la maison d’arrêt d’Agen samedi soir. La veille, ce sexagénaire avait été mis en examen et écroué pour le double meurtre de Stéphanie Marcassia et Eric Simon, le couple abattu mercredi devant ses deux enfants de 5 et 10 ans, à Foulayronnes, dans le Lot-et-Garonne. Quelque 24 heures après son incarcération, les agents de l’Administration pénitentiaire l’ont découvert pendu. "On était tous conscients que cela pouvait se produire", confie lundi son avocate, Me Elodie Séverac, à metronews. Toutes les précautions ont-elles été prises pour empêcher un tel passage à l’acte ? Eléments de réponse.

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Des aveux qui lui évitent la préméditation

Vendredi, peu avant que sa mise en examen ne lui soit prononcée, Jean-Claude Petitfaux était passé aux aveux. Selon ses déclarations aux enquêteurs, l’homme n’avait pas l’intention de tuer son ex-employeur. Lorsqu’il se rend au domicile d’Eric Simon, au matin du 2 décembre, l’ex-maçon projette d’enlever ce dernier - contre qui il nourrit une rancœur exacerbée depuis trois ans - puis de le séquestrer dans une grotte de la région.

Mais rien ne se passe comme prévu. Lorsque le couple tombe nez à nez avec lui devant le garage de leur domicile familial, Stéphanie Marcassia tente de donner l’alerte avec son téléphone. Pris de panique, Jean-Claude Petitfaux ouvre le feu, sans même remarquer les deux jeunes enfants. Les conjoints, âgés de 42 ans, s’écroulent. Le tireur présumé prend la fuite. Il est arrêté 24 heures plus tard, sans opposer de résistance. Vendredi, le parquet n’a pas retenu la préméditation à son encontre. Jean-Claude Petifaux a finalement été mis en examen pour "meurtres aggravés, tentative de meurtre aggravé, et extorsion avec arme" et placé en détention provisoire.

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"Quelque chose était en train de se passer"


Jean-Claude Petitfaux devait-il faire l’objet d’un traitement particulier en maison d’arrêt ? C’est la question que pose évidemment son suicide. D’autant que son avocate, Me Elodie Séverac, a cru déceler un changement d’attitude chez son client au moment précis où celui-ci prenait le chemin de l’établissement carcéral.

"J’ai trouvé que quelque chose était en train de se passer. Était-ce de l’ordre des remords, ou de la prise de conscience quant à son sort personnel ? Je ne le sais pas", s’interroge-t-elle encore. Toujours est-il que l’avocate fait part de ce ressenti aux gendarmes en leur demandant de le mentionner aux agents pénitentiaires.

La détention provisoire, période sensible


La procédure veut que chaque nouveau détenu subisse une batterie d’entretiens avec différents professionnels de l’établissement carcéral, dans les jours qui suivent son entrée en prison. Il doit également passer un examen médical dans les 48 heures qui suivent son incarcération. Chacun de ces "filtres" peuvent donner lieu au signalement d’un individu en état de fragilité entrainant des mesures pouvant entrainer des mesures dite de "protection d’urgence" (vêtements et literie en papier, cellule spéciale). En détention provisoire, l’enjeu est de taille : une étude de l’Institut national d’études démographiques (INED) publiée en 2014 relève que les prévenus se suicident deux fois plus que les condamnés.

A Agen, Selon les informations recueillies par metronews, Jean-Claude Petitfaux est bien passé par toutes ces étapes entre son incarcération vendredi et son suicide samedi. S’il n’a pas été signalé comme suicidaire, il faisait néanmoins l’objet d’une surveillance "presque heure par heure". Avec ce suicide se pose donc une question plus large : celle du suivi en détention des individus mis en cause dans certains grands dossiers criminels ou faits divers à grande résonance médiatique.

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