Elle empoisonne son bébé avec de l'insuline : 2 ans de prison avec sursis

Elle empoisonne son bébé avec de l'insuline : 2 ans de prison avec sursis

FAITS DIVERS
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JUSTICE - Le tribunal correctionnel de Thionville (Moselle) a condamné ce mardi une mère, infirmière de profession, à deux ans de prison avec sursis de mise à l'épreuve et injonction de soins pour avoir volontairement injecté de l'insuline à son bébé de 12 mois en 2012. L'enfant, hospitalisé dans un état grave, se porte bien.

"C'est une décision adaptée et proportionnelle, le tribunal a bien compris la situation" a commenté maître Marc Monossohn, avocat de la défense, joint par metronews ce mardi. Quelques minutes plus tôt, le tribunal correctionnel de Thionville (Moselle) avait condamné sa cliente à deux ans de prison avec sursis de mise à l'épreuve et injonction de soins.

Cette trentenaire, mère de trois enfants et infirmière de profession, avait comparu le 8 octobre 2014 pour avoir volontairement injecté de l'insuline à trois reprises à son bébé de 12 mois en juin 2012 . Pris en charge par les médecins dans un état grave, l'enfant s'en était finalement sorti sain et sauf.

Pas d'interdiction d'exercer

Selon les experts mandatés par la justice à l'époque des faits, l'infirmière était atteinte du "syndrome de Münchhausen par procuration", forme d'abus sur mineur dans laquelle les mères rapportent délibérément des fausses maladies à leurs enfants. "Ma cliente n'est pas du tout dans le déni, elle sait très bien ce qu'elle a fait, souligne Me Monossohn. Elle redoutait le pire. On pouvait craindre une tentation de la part des magistrats d'infliger une bonne leçon, avec interdiction d'exercer et peine de prison ferme".

Concernant sa pathologie, l'infirmière a indiqué "ne pas être sûre d'avoir Münchhausen par procuration". "Elle n'a jamais voulu tuer son enfant. En juin 2012, elle a fait un burn out , elle n'en pouvait plus. C'était la super woman à la maison. Trois enfants, des travaux qu'elle faisait elle-même, 40 heures par semaine en tant qu'infirmière au Luxembourg, une heure de trajet le matin, une heure de trajet le soir… Elle avait simulé deux-trois problèmes de santé personnels pour obtenir du répit, pour être en arrêt maladie. A un moment, quand elle a épuisé toutes ses cartouches, elle s'est dit : 'je vais m'en prendre à mon gamin' pour pouvoir faire un break. Ça peut sembler totalement fou et il est important de rappeler qu'elle n'était pas totalement consciente de ce qu'elle faisait. Les experts ont d'ailleurs retenu l'altération du discernement".

Au moment des faits, les trois enfants de l'infirmière avaient été placés. Elle était sous contrôle judiciaire. "Aujourd'hui ma cliente retravaille et a récupéré ses enfants. Le risque de récidive a été écarté. Elle est en instance de divorce. Le couple battait de l'aile et cet événement a été le coup de grâce. Outre cette séparation, elle et ses enfants vont bien et elle se soigne" conclut Me Monossohn.

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