Enquête après des lettres d'amour d'une employée de cantine à un enfant de 9 ans

FAITS DIVERS
JUSTICE – En 2013, un enfant de 9 ans avait reçu 23 lettres d'amour enflammées d'une employée communale de Bassillac (Dordogne). Après une première plainte, la jeune femme de 29 ans n'avait fait l'objet que d'un simple rappel à la loi. Un juge est désormais saisi.

Ils veulent que leur enfant se reconstruise. Une reconstruction qui passe par la case justice. Les parents du petit Mathéo* ont déposé une nouvelle plainte pour "corruption de mineur et agression sexuelle sur mineur de 15 ans". "Avec cette fois, constitution de partie civile, entraînant la saisine d'un juge d'instruction", nous explique leur avocate Nathalie Landon, confirmant une information du journal Sud Ouest.

"Elle a brisé son enfance"

En décembre 2013, ils avaient déjà porté plainte après avoir découvert avec stupeur dans la chambre de leur fils de neuf ans, des lettres enflammées rédigées par une femme de 20 ans son aînée. "Coucou mon petit ange d'amour, tu me manques. Je n'ai pensé qu'à toi tout le week-end. Tu ne m'as toujours pas répondu".

Employée municipale à la cantine de l'école de Bassillac (Dordogne) fréquentée par le petit garçon, la jeune femme l'aurait harcelé durant plus de six mois. Dans ces vingt-trois missives, ornées de cœurs, elle parlait "de fuguer avec lui, de baisers échangés, de son envie d'avoir des enfants", rappelle Me Landon. "Elle l'attendait même dans le chemin près de chez lui. Un enfant de neuf ans n'est pas prêt à endurer cela, elle a brisé son enfance".

"Et si un homme avait agi ainsi ?"

A l'époque, l'employée incriminée, qui avait reconnu les faits, avait été mise à pied. L'expertise psychiatrique avait conclu à l'absence de pathologie, préconisant néanmoins une injonction de soins dans le cadre d'un suivi judiciaire. Mais elle n'avait fait l'objet que d'un simple rappel à la loi. "Inadmissible pour les parents choqués que l'affaire se soit arrêtée là. Il n'y a même pas eu de décision judiciaire lui interdisant d'exercer un métier en contact avec des enfants. Si un homme avait agi ainsi, les suites auraient certainement été différentes", déplore Me Landon, qui pointe en filigrane un tabou tenace : la pédophilie féminine.

Tétanisé lors de sa première audition avec les gendarmes, le petit Mathéo, qui est depuis suivi par un pédopsychiatre, n'avait rien pu dire. "Aujourd'hui, il évoque au moins un baiser, confie l'avocate. Nous espérons que cette fois, sa parole de victime sera entendue. Il a besoin de cela pour comprendre qu'il n'y est pour rien, que tout cela n'est pas de sa faute". En attendant que justice soit faite, les parents ont choisi de déménager. Pour protéger Mathéo et de peur qu'il puisse à nouveau tomber sur elle.

*Le prénom a été changé

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