Enquête - Le Subutex remboursé par la Sécu... et revendu comme drogue à l'étranger

DirectLCI
FAITS DIVERS - Les gendarmes de l'OCLAESP font face à un phénomène nouveau : des médicaments détournés de leur usage à des fins de produits stupéfiants. Ils viennent de boucler une enquête longue de cinq mois au cours desquels 25.000 cachets de Subutex achetés en France ont été écoulés en Finlande. Une enquête du service police-justice de LCI.

Pour la sécurité sociale, le préjudice est considérable. Les gendarmes ont démantelé au début du mois un réseau de trafiquants de Subutex. Jusqu’à présent, c’était surtout à Barbès, sous le manteau, que ce médicament était revendu. Comme substitut à des toxicomanes.


Nouveauté, des groupes criminels organisés exportent désormais à l’étranger le Subutex qu’ils achètent en France tout en étant remboursé par la sécurité sociale. Le préjudice pour la protection de santé est colossal : trois millions d’euros. En un peu moins de cinq mois.

Des médecins complices

Ce trafic s’appuie sur certains médecins et pharmaciens complices, délivrant  des ordonnances de Subutex. L’un d’entre eux a signé plus de 100 ordonnances en une après-midi, explique au micro de LCI le colonel Jacques Diacono, chef de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP).


Le médicament est revendu à prix d’or en Finlande. Acheté deux euros en France, le cachet s'écoule dans la rue contre 100 euros et jusqu'à 400 euros en prison. Ce trafic aurait généré un bénéfice de 50 millions d’euros pour le crime organisé finlandais. Au-delà du Subutex, les gendarmes observent les mêmes trafics avec d’autres médicaments. Comme le Tramadol, le Topalgic ou même le Rivotril.

Mieux sécuriser les ordonnances

Une problématique qui a conduit la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) à rassembler les professionnels de santé et les autorités autour d'une table. Un premier groupe de travail s'est réuni jeudi 17 novembre afin de trouver des solutions. L'une d'entre elles, préconisée par les gendarmes, serait de sécuriser davantage les ordonnances.


Les médecins et pharmaciens complices risquent jusqu'à sept ans de prison et 750.000 euros d’amende.

Lire aussi

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter