Entraîneur de tennis accusé de viols : à Sarcelles, "tout le monde est sous le choc"

Entraîneur de tennis accusé de viols : à Sarcelles, "tout le monde est sous le choc"

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INTERVIEW - L'entraîneur de tennis mis en examen mercredi pour "viols et agressions sexuelles" sur trois anciennes licenciées mineures du club de Sarcelles saura lundi s'il reste en prison. Le président du club du Val-d'Oise, Jonathan Chaouat, jeune joueur au moment de faits commis entre 1999 et 2005, revient pour metronews sur un dossier brûlant pour son club comme pour le tennis français.

Les policiers ont évoqué un "prédateur sexuel", un "manipulateur", le procureur "un pervers". Comment qualifierez-vous Andrew Geddes, l'entraîneur de tennis mis en examen pour "viols et agressions sexuelles" ?
Quand je l'ai connu, j'étais beaucoup plus jeune, j'avais 16 ans. J'étais joueur et c'était mon entraîneur, un entraîneur compétent et charismatique. Il n'y a jamais eu de problème avec les garçons du club. Je ne suis pas en train de le défendre, mais simplement de dire qu'au club, on ne s'est jamais aperçu de quoi que ce soit. C'est également le cas dans les clubs où il est passé avant et après. Tout le monde est sous le choc.

En tant que président de club, quel regard portez-vous sur cette affaire ?
C'est dramatique. Comment a-t-il pu passer entre les gouttes sans que personne ne s'en rende compte ? Être autant apprécié des parents des enfants et des dirigeants des clubs où il a travaillé, à Sarcelles comme à Levallois ? Il n'y avait aucun doute sur lui, sur ses compétences. Il est passé de manière incroyable entre les gouttes et c'est inadmissible. Il ne faut pas tomber dans la paranoïa, mais être d'autant plus vigilant.

"J'ai peur de l'amalgame qui va être fait"

Est-ce que ces révélations ont libéré la parole au sein de votre club ? Avez-vous eu vent de nouveaux témoignages accablants ?
Au sein de notre club, non. Cela a permis une discussion ouverte. On a prévu une réunion dimanche prochain (18 mai) avec tous les adhérents pour que l'on puisse continuer à en discuter. On se sent trahi, on lui avait accordé notre confiance. Personne n'est revenu vers moi pour évoquer des faits, mais on a mis en place une cellule psychologique avec la ville pour que d'éventuelles victimes puissent en parler. Toute cette histoire est hallucinante.

Ne craignez-vous pas que cette affaire affecte votre club et ternisse son image ?
J'ai peur de l'amalgame qui va être fait. Les victimes, ce sont les femmes, ce n'est pas le club de Sarcelles. J'espère que les gens seront intelligents pour faire la part des choses car chez nous, cet entraîneur ne s'occupait que du très haut niveau. Il entraînait une dizaine d'enfants par an et ne s'occupait pas de l'école de tennis, du loisir. Des joueurs de très haut niveau, licenciés à Sarcelles, sont impactés par cette histoire car ils le connaissaient, c'était un entraîneur de renommée au moins régionale. Cela met tout le monde dans une situation délicate.

Votre club va se porter partie civile. Isabelle Demongeot, victime de Régis de Camaret (entraîneur condamné début février à dix ans de prison pour viols , ndlr), a appelé la Fédération française de tennis (FFT) et les présidents de ligue à faire de même, sans être entendue pour le moment. Qu'est-ce que cela vous inspire ?
Depuis mercredi et la mise au jour de cette affaire, la Fédération a été, comme la Ligue du Val-d'Oise, très proche de moi, elle a été à mes côtés en me conseillant par exemple des avocats. Elle a cherché à savoir comme elle pouvait nous aider. La Fédération fait un travail important depuis 2008 et ces premières histoires. Je ne jette la pierre à personne. Le plus important est de protéger les victimes. S'il y en a d'autres, il faut qu'elles se fassent connaître pour que l'on puisse les aider.

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