Etudiant égorgé pour une montre à Marseille : "Ce n'est pas moi !", jure l'accusé avant d'avouer le meurtre

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FAIT DIVERS - Le procès de Samir Dardouri, "l'homme aux 140 alias", a débuté ce vendredi devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence. L'accusé, soupçonné d'avoir tué un étudiant avec un tesson de bouteille en 2013 à Marseille , a avoué le meurtre dès les premières heures de l'audience... Juste après l'avoir nié.

Le verdict devrait être rendu mardi 16 mai. Mais quelques heures après le début de l'audience ce vendredi matin, l'accusé a d'ores et déjà surpris la cour. Jugé pour le meurtre d'un étudiant égorgé avec un tesson de bouteille en 2013 à Marseille dans le but de lui voler sa montre,  Samir Dardouri, un Marocain trentenaire, a nié les faits à l'ouverture de son procès à Aix. Avant d'avouer : "C'est moi qui l'ai assassiné".


"Ce n'est pas moi", avait-il d'abord lancé après la lecture de l'acte d'accusation devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence, alors qu'il avait reconnu les faits devant les enquêteurs. Mais après une courte interruption de séance, l'accusé est revenu sur ses dénégations. "C'est moi qui l'ai assassiné", a-t-il dit, sans vouloir ajouter de précision.

De taille moyenne, cheveux courts et très bruns, chemise grise, Samir Dardouri, qui s'exprime par l’intermédiaire d'une interprète, a l'air parfois absent, parfois accablé, la tête penchée sur le rebord du box d'accusation.

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Marseille : l'étudiant poignardé est mort, un suspect interpellé

"J'arrive dans deux minutes", dernier message de la victime

Son avocat, Me Jérôme Pouillaude, le décrit comme quelqu'un d'insaisissable dont personne ne connaît vraiment ni l'origine ni l'âge, ni le parcours, et qui a multiplié les pseudonymes  - il est connu sous 140 alias différents - et les versions des faits.   

"J'arrive dans deux minutes", fut le dernier message, la nuit du 9 août 2013, de Jérémie Labrousse, l'étudiant décrit par ses proches comme "brillant et sans histoire", à une amie qu'il venait chercher à la gare Saint-Charles à Marseille.


Quelques minutes plus tard, il était frappé à la gorge avec un tesson de bouteille. Il était mort deux jours après.

Son agression, en plein centre-ville, avait suscité une vive émotion dans toute la France, dans un climat de pré-campagne pour les élections municipales de 2014. Sur place, très vite après le drame, le ministre de l'Intérieur de l'époque, Manuel Valls, avait lui-même annoncé l'interpellation d'un suspect, un marginal de 41 ans - une piste cependant vite abandonnée.

"Ce n'était pas dans l'intention de le tuer "

Au terme d'une enquête minutieuse, la piste s'était orientée vers Samir Dardouri, qui avait déjà eu, sous plusieurs identités, maille à partir avec les justices belge, allemande et italienne et était incarcéré depuis la fin août en Belgique pour tentative de vol avec violences et arme... un tesson de bouteille. 


"Lorsque je l'ai frappé, ce n'était pas dans l'intention de le tuer mais juste de me défendre", avait assuré Samir Dardouri aux enquêteurs. Il avait donné ensuite une autre version, disant avoir frappé Jérémie "pour lui voler sa montre". Il en avait enfin donné une troisième aux enquêteurs belges, avouant "avoir tué le Français" qui lui avait donné "une gifle". 


Selon l'enquête, Dardouri errait dans les rues de Marseille, guettant l'occasion de voler "quiconque serait en possession de biens pouvant lui convenir". 

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