Evasion de Redoine Faid : un rapport pointe une défaillance de sécurité exploitée par "un commando paramilitaire"

Evasion de Redoine Faid : un rapport pointe une défaillance de sécurité exploitée par "un commando paramilitaire"
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Fin de cavale pour Redoine Faïd après une incroyable évasion

EXPLICATIONS - La garde des Sceaux Nicole Belloubet a présenté ce lundi devant la commission des Lois de l'Assemblée nationale les conclusions de l'inspection administrative sur l'évasion spectaculaire de Redoine Faid.

Cela fait un mois que Redoine Faid s'est échappé de façon spectaculaire, par hélicoptère, de la prison de Réau. Depuis, une centaine de policiers spécialisés de la police judiciaire se concentrent sur la traque de ce multirécidiviste, qui s'était déjà échappé de la prison de Lille-Sequedin en 2013 avant d'être repris six semaines plus tard.

En même temps que ces recherches, l'Inspection générale de la justice a planché sur un rapport pour tenter de comprendre comment l'un des hommes les plus surveillés de France a-t-il pu s'échapper. Le compte rendu de cette enquête vient d'être rendu public et indique que cette évasion est une "conjonction de failles de sécurité exploitée par un commando paramilitaire", a indiqué la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, ce lundi. 

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Les annonces faites par la Ministre

Ce commando a ainsi notamment tiré profit de l'absence de filins anti-hélicoptère et d'un "problème" sur le dispositif d'appel d'urgence des forces de l'ordre, a détaillé la ministre lors de la présentation d'un rapport de l'Inspection générale de la justice sur l'évasion de cet habitué des évasions spectaculaires. Dans un point presse donné ce jour, Nicole Belloubet a aussi pointé la "problématique liée aux portes d'intervention qui permettaient d'avoir accès aux parloirs". Le jour des faits, les complices de Faïd avaient découpé à la disqueuse une porte de la cour d'honneur menant aux parloirs, où le braqueur se trouvait avec son frère. 

Elle a également détaillé ce qu'elle souhaitait mettre en place, jugeant que "l'analyse des profils de ces détenus était insuffisante". Elle a notamment annoncé une réorganisation de l'administration pénitentiaire, jugée "insuffisamment réactive" par rapport aux problèmes remontés depuis le terrain. La ministre a en revanche pris la défense du personnel pénitentiaire dont "la sidération (...) a annihilé la capacité de réaction (...) mais qui a permis sans doute d'éviter un bilan humain sûrement très lourd face à des malfaiteurs très armés". Elle a aussi annoncé la mise en place progressive de brouilleurs en prison, pour empêcher l'utilisation de téléphones portables par les détenus. 

La Ministre de la Justice souhaite par ailleurs modifier le code de procédure pénale pour accueillir les détenus sensibles dans des établissements sécurisés et renforcer le service de renseignement pénitentiaire. Elle a évoqué le classement des établissements selon le profil des détenus et la mise en place d'un état-major de la sécurité des sites pénitentiaires. 

Avant cette spectaculaire évasion du 1er juillet dernier, la Direction de l'administration pénitentiaire (DAP) avait été avertie par la Direction interrégionale d'Ile-de-France d'une "menace sérieuse (de) passage à l'acte" de la part de Redoine Faïd, selon des extraits de courriels publiés par la presse. Afin de "recréer un véritable Etat-major de la sécurité", la ministre a notamment annoncé qu'une quinzaine d'agents seraient désormais "affectés aux détenus particulièrement surveillés (DPS) pour les risques d'évasion". 

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