"Excédée par les pleurs", l'assistante maternelle tue Charlotte, 6 mois, en la jetant au sol

FAITS DIVERS

PROCES - A partir de ce vendredi 18 mars se tient au tribunal de Créteil le procès d’une assistante maternelle, accusée d’avoir provoqué la mort d’un nourrisson. En 2008, exaspérée par les pleurs du bébé, elle avait projeté son transat au sol, à plusieurs reprises.

La nourrice avait pourtant l’entière confiance des parents. A partir du vendredi 18 mars, aux assises du Val-de-Marne, s’ouvre le procès d’Isabelle H., assistance maternelle de 50 ans, soupçonnée d’avoir causé la mort de la petite Charlotte, six mois.

La scène se déroule au domicile de la nounou, le 3 octobre 2008. Excédée par les pleurs de Charlotte, Isabelle soulève le nourrisson dans son transat et le projette au sol à plusieurs reprises. La petite est emmenée à l’hôpital le plus proche pour ce que tout le monde pense être "un malaise". Elle décède, quelques heures plus tard, laissant la famille dans la plus totale incompréhension.

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Fracture frontale et lésions neurologiques

"De ce procès, mes clients attendent des réponses. Ils ont mis des mois et des mois avant de comprendre ce que Charlotte, une enfant en bonne santé, avait pu subir. D’ailleurs, sur le moment, personne ne l’a compris", détaille auprès de metronews l’avocate des parents, Pascale Talelman.
D'autant que l’assistante maternelle, agréée depuis plus de quinze ans, n'évoque à aucun moment un acte de violence. Et évite tout soupçon.

Ce n’est qu’au terme d’un an et demi que les expertises médicales déterminent avec certitude que Charlotte a succombé au syndrome du bébé secoué. Un diagnostic qui explique enfin les images du scanner, effectué au moment du décès de l’enfant, à savoir une fracture frontale du crâne et des lésions neurologiques. Interrogée en garde à vue par les policiers, la nourrice se retranche encore dans le silence. Puis, en fin d'audition, elle finit par craquer et avoue ses gestes violents. Elle se souvient même de ses mots, à l’époque : "Tu vas te taire, tais-toi, je vais m’occuper de toi !"

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Violences précédentes ?

Et l’enquête ne s’arrête pas là. Rapidement, elle met à jour des faits antérieurs de violences sur d’autres enfants dont Isabelle avait la garde. "Apparemment, ce n’est pas la première fois qu’elle était excédée par les pleurs des bébés" fait remarquer Me Talelman, indiquant à metronews que quatre autres informations judiciaires pour violences sur mineurs sont actuellement en cours d’instruction. Quant à la petite Charlotte, elle pourrait bien elle aussi avoir fait l’objet de précédents coups, des expertises ayant révélé des hématomes anciens. Selon les informations de l’AFP, la nourrice avait confié aux enquêteurs, lors de sa garde à vue, qu’elle a pu effectivement se mettre en colère quinze jours auparavant.

Des faits que son avocat conteste aujourd’hui. Grégory Bensadoun, contacté par metronews, confirme que si sa cliente reconnaît l’épisode de violence qui a conduit à la mort de Charlotte, elle réfute en revanche l’avoir brutalisée auparavant. Nul doute que devrait se tenir, au cœur de ce procès, un débat sur le nombre exact de secousses infligées au nourrisson… si tant est que la nourrice s’en souvienne, l'audience se déroulant huit ans après le drame. Un laps de temps considérable qui pourrait, selon Me Bensadoun, porter préjudice à sa cliente. "En 2008, le syndrome du bébé secoué était inconnu du grand public et pouvait être puni d’une peine avec sursis pour négligence. Aujourd’hui, on s’expose à des peines beaucoup plus lourdes." Comparaissant libre, Isabelle H. n’a pas effectué un seul jour de prison. Elle risque aujourd’hui quinze ans de réclusion criminelle.

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