EXCLUSIF - Accusé d’avoir empoisonné 7 patients, le docteur Frédéric Péchier se confie à Sept à Huit

DirectLCI
"JE SUIS INNOCENT" - Frédéric Péchier, anesthésiste basé près de Besançon, est accusé depuis le 6 mars dernier d'avoir, sciemment, empoisonné des poches de sérum physiologique à destination des patients. Les journalistes de Sept à Huit ont recueilli le témoignage du médecin qui rejette en bloc les accusations qui pèsent sur lui.

Frédéric Péchier, anesthésiste basé à Besançon, jouissait jusqu’ici d’une réputation irréprochable. Aujourd’hui, il risque la prison à vie. Le médecin est en effet soupçonné d’avoir empoisonné 7 patients, dont 2 sont décédés. Les équipes de Sept à huit ont recueilli son témoignage.  "Actuellement, c’est très dur pour moi et pour ma famille, commence-t-il. On est dans l’incompréhension totale".


Sa vie a basculé le 6 mars dernier alors que l’affaire commence à faire la Une des journaux. La justice, elle, a été alertée deux mois auparavant après qu’un accident grave est survenu au sein de l’un des 18 blocs opératoires de la clinique Saint-Vincent. Des poches de sérums physiologiques, utilisés au cours des anesthésies générales, auraient été empoisonnées.  Et la patiente sur lesquelles elles ont été appliquées, en janvier dernier, a frôlé la mort.

L’opération s’est déroulée normalement mais à la fin de l’opération, j’ai fait un arrêt cardiaque. Sandra, 36 ans, patiente

Souffrant de problèmes de dos, Sandra, 36 ans et mère de 3 enfants, devait ce jour-là se faire poser une prothèse discale. Une intervention courante. Mais rien ne va se passer comme prévu : "L’opération s’est déroulée normalement mais à la fin de l’opération, j’ai fait un arrêt cardiaque. Il y a eu ensuite un massage cardiaque de 50 minutes (…) puis on m’a posé une circulation extracorporelle car plus rien ne fonctionnait".


Très vite, les soupçons des médecins se portent vers les fameuses poches de sérum physiologique qui se retrouvent analysées avec soin. Au final, il s’agissait d’un excès de potassium présent dans une poche de soluté de réhydratation", explique Sandra. Un composé retrouvé en quantité très élevée – 100 fois la dose létale - et qui n’avait absolument rien à faire là. Erreur de manipulation ? Empoisonnement volontaire ? L’enquête est ouverte.  


Même endroit, même circonstances, neuf jours plus tard, un accident similaire se produit. Pour la justice, l’intention criminelle ne fait alors plus aucun doute. Des incidents classés erreur médicale ou inexpliqués au fil des années à  l’Agence régionale de santé sont alors exhumés par les enquêteurs. Ils découvrent alors 7 cas suspects, dont deux mortels. Pour tous, il y aurait un dénominateur commun : le docteur Frédéric Péchier. 

J'ai une situation, une femme, une famile, j'ai un métier épanouissant, pourquoi j'irais essayé de détruire tout ça avec cette théorie de 'pompier pyromane' ?Frédéric Péchier, accusé

Placé en garde à vue, le médecin n'a de cesse de clamer son innocence.  Mis en examen le 6 mars dernier, l'anesthésiste  est laissé libre sous contrôle judiciaire. Dépeint par de nombreux collègues comme un médecin hors pair et très appliqué dans son travail, l'homme semble au-dessus de tous soupçons. Mais les enquêteurs, eux, pensent que Frédéric Péchier s'est employé à jouer un double-jeu et ce pendant des années.  


Des accusations rejetées en bloc par le principal intéréssé: "Sur les 7 évènements qui me sont reprochés, jamais je ne suis le médecin qui pose le diagnostic (...) j'ai une situation, une femme, une famile, j'ai un métier épanoui, pourquoi j'irais essayé de détruire tout ça avec cette théorie de 'pompier pyromane' ?". Il ajoute : "Je n'ai pas besoin de sentiment de toute-puissance. Vous savez, quand j'ai terminé ma journée et que tout s'est bien passé, je vais revoir mes patients le soir et je suis content". 


Pour son avocat, l'accusation ne tient de toute façon pas : la présence de son client au moment des faits ne prouverait rien, n'importe quel membre du corps hospitalier aurait pu empoisonner les poches, en accès libre dans le service. Depuis l'affaire, la direction a pris des mesures pour renforcer la sécurité autour des composés.  Mais pour l'instant et pour la justice, Frédéric Péchier reste le principal suspect qui dénonce une enquête à charge. "Je suis innocent. Je n'ai pas empoisonné ces gens. Quel aurait été mon intérêt ? Quel aurait été mon mobile ? Pourquoi j'aurais tout gâché ? Je ne connaissais même pas ces gens". 

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Sept à huit

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter