EXCLUSIF - Un gardien de la paix dénonce l'omerta autour du suicide et du burn-out dans la police

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DOCUMENT LCI - Jules est gardien de la paix, officier de police judiciaire en Ile-de-France. Sur LCI ce dimanche, il témoigne sous couvert d'anonymat pour briser la loi du silence qui règne autour du suicide dans la police. Au cours de la semaine qui s'achève, cinq fonctionnaires de police et un militaire de gendarmerie ont volontairement mis fin à leurs jours.

Jules* est officier de police judiciaire en Ile-de-France, sa hiérarchie lui interdit de parler à la presse. Pourtant, malgré les sanctions auxquelles il s'expose, il a décidé de briser l'omerta du burn-out et du suicide dans la police. Pour mettre des mots. Et faire prendre conscience. Son histoire, son "coming-burn-out", il l'a écrite en début de semaine sur le blog d'un policier bien connu sur les réseaux sociaux, Chris PJ


"22, V'la le burn-out !" Il surprend quand on ne l'attend pas. Parfois, il est insidieux et ne montre pas son visage. S'il témoigne aujourd'hui, c'est surtout pour briser ce tabou. "Chaque policière, chaque policier, chaque échelon hiérarchique doit se sentir libre d’évoquer le sujet, d’être formé et, si besoin, d’appeler à l’aide ou d’aider, avant de se/le laisser brûler par l’extérieur. Ceux qui l’ont pris en charge et affronté en ressortent grandis", écrit-il.

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Jules, gardien de la paix, se confie sur le tabou du burn-out et du suicide dans la police

Procédures à rallonge, explosion du nombre de dossiers à traiter, sentiment d'impuissance... Jules a réussi à sortir de cette spirale infernale grâce à ses proches, sa famille, qui  l'ont aidé à libérer sa parole. A son commissariat, impossible de montrer des signes de faiblesse.


Il connaissait un des 44 policiers qui se sont suicidés depuis le début de l'année. C'est quatre de plus, déjà, que l'année dernière. Un sujet passé sous silence dans les commissariats, selon lui. "C’est tabou car on n’arrive pas à savoir très clairement quelle est la source du passage à l’acte, qu’elle est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. C'est une omerta qui règne car il ne fait surtout pas parler des sujets qui fâchent", explique-t-il à notre caméra.

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"J'attendais une reconnaissance de nos conditions difficiles de travail, rien de plus"

Pourtant, même si la plupart des policiers qui ont mis fin à leurs jours n'ont pas osé se confier, la police nationale a mis en place, sous l'impulsion de Bernard Cazeneuve en 2015, un plan anti-suicide. Le SSPO, service de soutien psychologique opérationnel, met à disposition des psychologues pour les policiers à tendance suicidaires et/ou qui souffrent de burn-out. L’entretien est anonyme et soumis au secret médical. Une ligne téléphonique d'écoute est aussi disponible 24h/24.


Bien au-delà des dispositifs, Jules souhaiterait surtout que la parole se libère dans la police. Et que la bienveillance soit au coeur des relations entre les policiers eux-mêmes, et leur hiérarchie. "Signaler des difficultés à son chef ne doit pas être perçu comme un aveu de faiblesse", conclut-il. 


En 25 ans, 1135 policiers ont mis fin à leur jour, la moitié avec leur arme de service. 2017, comme 1996 ou 2014, s’annonce comme une année noire. Ce 12 novembre, Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur, a demandé une évaluation des mesures mises en oeuvre pour prévenir les suicides parmi les forces de l'ordre. 

* Son prénom a été changé à sa demande

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