Une amie de Charlotte Troadec témoigne : "Vu sa situation familiale, elle ne la racontait pas à tout le monde"

FAITS DIVERS
PORTRAIT – Dans la famille Troadec, disparue à Orvault dans des circonstances troubles depuis le 16 février, on parle plus du fils, Sébastien, que de sa petite sœur, Charlotte. Focus sur la personnalité de la jeune fille, dont le sang n’a pas été retrouvé dans le domicile parental, contrairement à celui de son frère et de ses parents.

Les messages à tendance suicidaire postés sur internet par son frère aîné, Sébastien, ont vite fait d’accaparer l’attention. Les épisodes dépressifs du père, Pascal, ont aussi eu droit à quelques mentions dans des articles. Mais rien, ou presque, n’a filtré concernant la fille, Charlotte, depuis samedi et la révélation de la disparition inquiétante des quatre membres de la famille Troadec à Orvault, en banlieue de Nantes, qui a abouti à l’ouverture d’une information judiciaire lundi.


Un élément troublant : les sangs du père, de la mère et du fils ont été retrouvés au domicile parental, pas le sien. On sait également que sa carte bleue a été piratée (et non volée), pour acheter des jeux vidéo,  et qu’elle était allée le signaler au commissariat avec sa mère, le jour même de la disparition, le 16 février. Ce soir-là, selon Ouest-France, elle avait conversé avec une amie sur internet jusqu’à 20h. Son portable a été désactivé quelques heures plus tard, avant celui de son frère. Depuis, sa carte Vitale a été retrouvée dans le Finistère, soit à 300 km du domicile familial.

Âgée de 18 ans, Charlotte Troadec est scolarisée au lycée Notre-Dame de Fontenay-le-Comte, en BTS sanitaire et social. Stéphanie*, qui l’a connue il y a trois ans lors d’un stage à l’EPHAD Richebourg, une maison de retraite située non loin du château des Ducs de Bretagne, à Nantes, n’est pas surprise par ce choix de parcours scolaire. "C'est une fille sensible, qui aide ses amis. Elle était en bac pro en bac pro ASSP (Accompagnement, soins et services à la personne, ndlr), confie-t-elle à LCI.fr. Donc voilà, le social, elle connaît". 


Sur son profil Facebook (fermé), on la voit s'émouvoir des attentats du 13 novembre, se rendre à un rassemblement en hommage aux victimes de l'attaque de Charlie Hebdo, ou dénoncer, via un dessin, notre société de consommation. On l'aperçoit aussi souriante, au bowling, entourée d'amies, qui la complimentent par ailleurs pour sa beauté sous d'autres photos.

"Quelques fois, j'ai vu Charlotte pleurer"

Son ancienne collègue stagiaire la décrit ainsi : "Elle était assez discrète et souriante. On avait des goûts en commun. Elle aimait lire, sortir avec des amis, et les enfants. À l’époque, elle disait qu’elle voulait travailler avec des enfants." Avec Stéphanie, Charlotte évoquait rarement sa famille : "Je savais qu’elle avait un frère mais elle ne m’en a jamais parlé beaucoup. Une fois, j’ai vu ses parents. Ils étaient normaux, aimants, très proches de leur fille. J’ai été vraiment surprise par toute cette histoire. Ça ne m’avait pas l’air d’être une famille à problèmes."

Mélanie*, elle, a été dans la même classe que Charlotte durant trois ans, de la seconde à la terminale. "Elle était très réservée, timide, lâche-t-elle. En classe, on l’entendait rarement. Elle n’était pas très bien dans sa peau, elle se cherchait. C’était quelqu’un qui rigolait souvent mais, en même temps, je pense qu’elle avait des soucis personnels. Elle n’en parlait pas vraiment mais, quelques fois, je l’ai vue pleurer. Je ne sais pas pourquoi. Elle allait globalement vers les gens, mais elle restait toujours avec la même fille de la classe. Je n’ai plus eu de nouvelles depuis."

Contactée, Caroline*, une autre de ses amies, a d'abord refusé de répondre à nos questions. Avant de nous confier ceci : "Nous ne sommes que trois à savoir, pour Charlotte. À tout savoir sur sa famille. La police nous a interrogées au commissariat, sa meilleure amie, moi, et une autre fille, parce que nous sommes ses plus proches amies. Elle n’avait pas beaucoup d’amis. Elle n’était elle-même que dans ce petit cercle, et se confiait beaucoup à nous. Vu sa situation familiale, elle ne la racontait pas à tout le monde", nous indique-t-elle, sans vouloir nous en dire plus. 

* les prénoms ont été changés

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