Disparus d’Orvault : la voiture du fils retrouvée, un livre appartenant au père... les dernières avancées de l’enquête

FAITS DIVERS
ENQUÊTE - Les quatre membres de la famille Troadec n’ont plus donné signe de vie depuis le jeudi 16 février au soir. Les enquêteurs ont déployé les grands moyens pour comprendre ce qu’il s’est passé au domicile parental d’Orvault et retrouver leur trace. Celle-ci remonte désormais à Saint-Nazaire, où la voiture du fils, Sébastien, a été retrouvée jeudi matin. Un livre scolaire au nom du père a ensuite été retrouvé dans le Finistère, où réside la tante maternelle, dont le fils s’était récemment rapproché…

Après la disparition inquiétante des quatre membres de la famille Troadec (les parents et leurs deux enfants), le jeudi 16 février, à Orvault, en banlieue de Nantes, une information judiciaire a été ouverte le 27 février des chefs d'homicides volontaires, enlèvements et séquestrations. Depuis, l’enquête avance. 


Point par point, voici ce qu’ont révélé les investigations jusqu’à ce jeudi, journée durant laquelle les enquêteurs ont retrouvé la voiture du fils Sébastien et découvert un livre scolaire au nom de Pascal Troadec à 2-3 km du lieu où ont été retrouvés un pantalon et les cartes de Charlotte. Plus tôt dans la journée, les recherches dans un étang non loin d'une maison familiale des parents n'avaient rien donné. Elles ont pris fin en début de soirée et reprennent ce vendredi. 

Une alerte et une vie "figée"

C’est la sœur de la mère qui a donné l’alerte, le 23 février, en signalant à la police le silence inhabituel de la famille depuis une semaine. En se rendant au domicile parental, les forces de l’ordre découvrent une maison "figée à l’instant T", dixit le procureur de Nantes. De la vaisselle jonche l’évier de la cuisine. Le réfrigérateur contient des produits fraîchement périmés, dont des sushis achetés dans la journée du 16 et destinés à être mangés le soir même. Toutefois, le chauffage est coupé. Des draps propres et humides sont étendus sur les lits. Tout laisse à penser que les draps initiaux ont été changés et remplacés par des draps extraits au dernier moment de la machine à laver, où se trouvait du linge encore mouillé. 

Une voiture introuvable... puis retrouvée

Une des trois voitures familiales, celle du fils aîné, Sébastien (21 ans), une 308 couleur gris clair initialement garée devant la maison, n’était plus là. Elle a été retrouvée par hasard par la police jeudi 2 mars, sur un parking jouxtant une église, à Saint-Nazaire, à 55 km du domicile parental. Aucun corps, aucune arme, n'ont été trouvés dedans. Le tapis du coffre a été retiré et des prélévements ont été faits par la police scientifique. Grâce au Bluestar, des tâches de sang "nettoyées" ont été décelées, L’ADN  ne permettant pas encore de dire à qui il appartient.

Des traces de sang essuyées et une déconnexion numérique

À l'intérieur de la maison, les policiers ont découvert des traces de sang ayant été essuyées. D’autres non. Les sangs du père, Pascal, de la mère, Brigitte, et de Sébastien sont retrouvés, ceux des parents en bien plus grande quantité que celui du fils. Aucune trace, en revanche, de celui de la fille. Laquelle a conversé avec une amie sur Skype entre 19h et 20h ce jour-là. Son portable sera désactivé dans la soirée, comme ceux des parents. Le téléphone du fils s'est connecté à Internet pendant 45 minutes juste avant d'être le dernier à s'éteindre, à 3h15 du matin. Cette manière de procéder n'est pas sans rappeler l’affaire Dupont de Ligonnès, sauf qu’aucun corps n’a été enterré à proximité. Le téléphone de Sébastien sera retrouvé dans la maison maculé de sang. La montre de la mère aussi, sous le matelas de la fille. Cassée et tachée de sang.

Une carte bleue...

Ce n’est peut-être qu’une coïncidence, mais elle est troublante : Sébastien passait énormément de temps à jouer à des jeux vidéo en ligne. Il postait des messages à tendance suicidaire sur internet (évoquant aussi la violence et l’alcoolisme de son père), notamment sur un forum du site jeuxvideo.com. Et le jour de la disparition, la fille et la mère se sont rendues au commissariat pour signaler l’utilisation frauduleuse de la carte bleue de Charlotte… pour acheter des jeux vidéo en ligne. Les enquêteurs affirment cependant que c’est un piratage "classique", et n’établissent pas de lien direct avec l’affaire.

Et une carte Vitale

Mercredi 1er mars, la carte Vitale et la carte bancaire de Charlotte ont été retrouvées par une joggeuse dans la poche d’un pantalon de femme, abandonné dans un fossé d'une zone boisée du lieu-dit de Coat Mez. Des fouilles ont été effectuées jeudi après-midi dans l'étang du Roual, non loin du lieu où a été retrouvée la fameuse carte. Selon nos informations, celles-ci n'ont rien donné. 


L’emplacement n’a rien d’anodin : ce lieu-dit est situé dans la commune de Dirinon, tout près de Brest, dans le Finistère, à quelque 300 km d'Orvault. Il s’agit précisément du berceau familial des deux parents. Et c’est aussi dans ce coin, dans la petite ville de Landerneau, que réside la tante maternelle. Selon l’édition de jeudi du quotidien Le Télégramme, c’est de cette tante que Sébastien s’était particulièrement rapproché ces derniers temps...  Quoi qu’il en soit, les quatre membres de la famille connaissent bien le secteur. Les nouvelles fouilles, plus poussées, opérées mercredi dans le pavillon, n'ont toujours pas permis de trouver la moindre trace de sang de la fille. Vendredi, toujours sur Dirinon, de nouvelles fouilles ont été lancées dans une "carrière privée" tandis que les plongeurs étaient mobilisés sur les plans d’eau du secteur.

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