Fausse alerte attentat à Paris : le "swatting", un phénomène bien installé

Fausse alerte attentat à Paris : le "swatting", un phénomène bien installé

MALVEILLANCE - Deux jours après la fausse alerte attentat qui a fait trembler Paris, un premier ado soupçonné d'être à l'origine du canular a été interpellé, le 19 septembre. Un nouvel exemple de "swatting", une pratique qui n'a rien de neuf en France.

C'était donc un canular. Samedi 17 septembre, la BRI débarquait, lourdement armée, aux abords de l'église Saint-Leu, située rue Saint-Denis, dans le 1er arrondissement de Paris. Elle intervenait dans ce qu'elle croyait être une prise d'otages. De longs moments de panique s'en sont suivis, dans le contexte éminemment sensible que l'on connaît. 

Quelques minutes plus tard, on a fini par comprendre qu'il s'agissait d'une fausse alerte, consécutive à "un possible appel malveillant", selon les mots du porte-parole du ministère de l'Intérieur. Le lendemain, nouvelle information, en provenance de L'Obs, qui indiquait avoir parlé avec deux adolescents qui leur ont affirmé avoir passé aux autorités le coup de téléphone qui a déclenché cette intervention monstre. 

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Fausse alerte attentat à Paris

Leur numéro de "swatting" a fonctionné. Cette pratique consiste à inventer ou voler une identité pour signaler aux autorités un incident particulièrement grave (et faux) en cours. Venue des Etats-Unis, le "swatting" est un terme dérivé de SWAT, du nom de cette force d'intervention mobilisée en cas de prise d'otages, particulièrement  prisée dans l'univers des gamers. La pratique s'est doucement installée en France ces dernières années. Et est prise très au sérieux par les autorités, qui ne manquent pas de rappeler la gravité de l'acte et ce qu'il peut en coûter à ceux qui le commettent : 30.000 euros d'amende et deux ans de prison.

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    L'affaire est d'autant plus considérée qu'elle a véhiculé son lot de drames, ces dernières années, dans l'Hexagone, par l'entremise du hacker Ulcan, celui-là même qui, ulcéré qu'on l'ait cité en référence après le canular de ce week-end, a tout simplement donné les coordonnées d'un des deux ados à la police, menant à son interpellation ce lundi. Ulcan s'est en effet connaître en harcelant le journaliste de Rue89 Benoît Le Corre, au point, en juillet 2014, d'usurper l'identité de son père et lui faire dire à la police qu'il avait assassiné sa femme, générant l'intervention du GIGN au domicile parental. Victime d'un pic d'hypertension artérielle, le père du journaliste était mort, quelques semaines plus tard.

    Autre victime, en février 2015 : la chroniqueuse de "Touche pas à mon Poste" Enora Malagré. La police était intervenue au domicile de la jeune femme après avoir reçu un appel émanant du compagnon de cette dernière, qui avait "avoué" l'avoir poignardée.

    Les autorités comprendront rapidement que la jeune femme est en parfaite forme et qu'elle et son compagnon ont été victime d'un nouveau canular.

    Autres cas célèbres à citer : celui du gamer Bibix, les journalistes Denis Sieffert, Daniel Schneidermann et Pierre Haski, ou encore un habitant de Nantes. Chacun a reçu la visite de la police après avoir "annoncé", au choix, avoir tué leur femme ou être victime d'une fuite de gaz.

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