Foudre à Paris : retour sur l'intervention capitale d'un sapeur-pompier

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HEROS - Un sapeur-pompier de Paris qui était de repos et se trouvait par hasard à proximité du parc Monceau, samedi après-midi, lorsque la foudre a frappé un groupe de onze personnes, a sans doute évité le pire. Il raconte comment il a organisé les premiers secours.

Son intervention a sans doute évité que le bilan ne soit plus lourd. Un sapeur-pompier de Paris, qui se trouvait à proximité lorsque onze personnes, dont huit enfants âgés de 7 à 8 ans qui fêtaient un anniversaire samedi après-midi, au parc Monceau, ont été frappées par la foudre, a été le premier à arriver sur les lieux. Il a immédiatement promulgué les premiers soins et a certainement sauvé plusieurs personnes.

Pascal Gremillet, 50 ans, commandant à la brigade des sapeurs de pompiers de Paris travaillant au sein du centre opérationnel de gestion interministérielle des crises, passait son samedi de repos dans un musée proche du parc, situé dans le 8e arrondissement de la capitale. L'homme, qui est notamment intervenu lors du crash du Concorde ou sur l'incendie de l'hôtel Paris-Opéra, croise alors une femme affolée.

"J'ai tout de suite compris que la foudre était tombée"

"J'étais boulevard Malesherbes lorsque j'ai aperçu une femme paniquée en train de courir,  explique-t-il au  Parisien Elle voulait emprunter mon portable. J'ai tout de suite compris que la foudre était tombée sur le parc."

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Pascal Grémillot connaît les lieux pour y avoir couru lorsqu'il était en poste à la caserne de Montmartre. Il fonce. "J'ai découvert une dizaine de personnes, par terre, sous un arbre", a témoigné le sauveteur, père de deux enfants,  au micro de BFMTV .

"Je craignais que la foudre ne s'abatte à nouveau"

Lorsqu'il arrive près de l’arbre, où s'était réfugié le petit groupe quand l'orage a éclaté, le Franc-Comtois voit que deux adultes se tiennent encore debout mais sont en état de choc, incapables de réagir. Eux aussi ont été foudroyés. "L'état d'un des papas m'a inquiété. Même s'il a réussi à se lever pour se déplacer, j'ai remarqué à son comportement qu'il était grièvement atteint. Je l'ai couché par terre."

Le sapeur-pompier repère ensuite un enfant dont l'état lui semble préoccupant. "Un des enfants était limite, mais il est rapidement revenu à lui. En revanche, j'ai constaté qu'un autre enfant était en arrêt cardiaque. Il avait le visage bleu."

L'enfant n'a plus de pouls. Le sapeur-pompier tente de lui faire du bouche-à-bouche mais il ne réagit pas. "J'ai essayé de l'insuffler par deux fois en procédant au bouche-à-bouche mais sans succès. J'ai donc commencé un massage cardiaque."

Tout en tentant de réanimer l’enfant, Pascal Grémillot réagit en professionnel. "On était encore sous un arbre et je craignais que la foudre ne s'abatte à nouveau. J'ai demandé aux blessés légers de se déplacer de quelques mètres." Il appelle alors les secours. "Je leur ai précisé la gravité pour qu'ils déploient d'emblée le nombre d'équipes médicalisées suffisantes." Au total, 80 pompiers ont été dépêchés sur place.

"Je n'ai fait que mon travail"

Au moment où les secours arrivent, Pascal Grémillot sent le cœur de l'enfant battre à nouveau. Les médecins prennent le relais. Mais son intervention ne s'arrête pas là : il continue de coordonner les équipes et trouve même un lieu susceptible de faire office de poste médical avancé, une banque. Il assure que son action s'est résumée à "des gestes de base". "Ce que j'ai réalisé, tout le monde aurait pu le faire. Je n'ai fait que mon travail", poursuit le soldat du feu.

Un enfant est encore dans un état grave et se trouve toujours en réanimation ce dimanche à l'hôpital Necker, où une cellule médico-psychologique a été mise à la disposition des familles.

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