François Thierry, ex-patron des stups poursuivi pour trafic de drogue : ces grands "flics" mis en cause par la justice

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FAIT DIVERS - François Thierry, ancien numéro 1 de la lutte antidrogue, a été mis en examen jeudi pour complicité de trafic de stupéfiants dans l'une des enquêtes qui mettent en lumière les relations troubles entre "stups" et indics pour faire tomber les réseaux. Il n'est pas le premier "grand flic" à avoir affaire avec la justice...

L'information été révélée ce vendredi mais la mise en examen date de la veille. François Thierry, ancien numéro 1 de la lutte antidrogue, a été mis en examen pour "complicité de trafic de stupéfiants" dans l'une des enquêtes qui mettent en lumière les relations troubles entre "stups" et indics pour faire tomber les réseaux. L'ancien patron emblématique de l'Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis) est soupçonné d'avoir favorisé l'entrée en France d'un convoi de drogue avec l'aide d'un important "indic", connu comme un trafiquant chevronné, et de ne pas avoir informé les autorités judiciaires sur le devenir de cette importation.


Une "mise en examen injuste, hypocrite et scandaleuse", a réagi auprès de l'AFP Francis Szpiner, l'avocat de François Thierry, désormais en poste à la Sous-direction antiterroriste (Sdat). A ce stade, "rien ne change pour lui", selon une source proche du dossier. Aucune suspension administrative n'a été décidée à l'encontre du commissaire, qui n'est par ailleurs pas soumis à un contrôle judiciaire. Au-delà de la gestion controversée des "tontons", au coeur de deux autres enquêtes à Paris, l'affaire d'Exelmans a aussi mis au jour des rivalités entre douanes et police. Au total, treize personnes sont déjà mises en examen dans ce dossier.

A l'instar de l'ancien numéro 1 de la lutte antidrogue, mis en examen jeudi pour complicité de trafic de stupéfiants, plusieurs hauts responsables de la police ont été mis en cause par la justice ces dernières années, pour des motifs divers.

Bernard Squarcini, ancien patron du renseignement intérieur

Le 26 septembre 2016, Bernard Squarcini, ancien patron du renseignement intérieur, et Christian Flaesch, ex-chef du 36 quai des Orfèvres, la PJ parisienne, sont placés en garde à vue.


Squarcini, surnommé le "Squale", est mis en examen le 28 pour trafic d'influence. Il est soupçonné d'avoir demandé en 2013 à Flaesch, alors toujours au "36", des renseignements sur une enquête conduite par le parquet de Paris après une plainte d'Hermès contre LVMH, pour lequel Squarcini travaillait alors.

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Trafic d'influence: deux anciens grands flics, Squarcini et Flaesch, en garde à vue

Christian Flaesch, ancien directeur du "36"

Christian Flaesch est mis en examen le 6 octobre pour violation du secret de l'enquête et entrave aux investigations. Il avait été limogé de son poste le 11 décembre 2013 par le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls. 


Il aurait prévenu le prédécesseur de Valls à l'Intérieur, Brice Hortefeux, qu'il allait être convoqué comme témoin dans un dossier mettant en cause l'ancien président Nicolas Sarkozy. Christian Flaesch a quitté la police pour le groupe Accor en 2014.

Bernard Petit, un autre patron du "36"

Le 4 février 2015, Bernard Petit, nommé à la tête du 36 quai des Orfèvres en décembre 2013 pour remplacer Christian Flaesch, est mis en examen et suspendu.


Il est soupçonné, ainsi que son chef de cabinet Richard Atlan, d'avoir violé le secret d'une enquête en renseignant l'ex-patron du GIGN Christian Prouteau avant sa garde à vue en octobre 2014 dans une affaire de régularisation illicite de sans-papiers.

Jean-Christophe Lagarde, chef de la Sûreté départementale du Nord

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Procès du Carlton de Lille: "Tout ça pour ça ?"

Le 20 octobre 2011, le commissaire divisionnaire Jean-Christophe Lagarde, chef de la Sûreté départementale du Nord, est placé en garde à vue dans l'affaire de prostitution du Carlton de Lille. 


Mis en examen le 21, suspendu le 22, il est jugé en février 2015 pour proxénétisme aggravé et recel d'escroquerie. On le soupçonne d'avoir mis des prostituées en relation avec Dominique Strauss-Kahn, mais il est relaxé le 12 juin 2015.

Michel Neyret, n°2 de la PJ de Lyon

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Michel Neyret, flic ou voyou ?

Le 29 septembre 2011, le commissaire Michel Neyret, n°2 de la police judiciaire de Lyon, est arrêté. Il est mis en examen et incarcéré le 3 octobre, soupçonné d'avoir fourni des informations confidentielles à des membres du milieu lyonnais présentés comme des "indics", en échange d'avantages et de cadeaux, et d'avoir prélevé sa dîme sur une saisie de stupéfiants pour rétribuer des informateurs.


Libéré huit mois plus tard, il est condamné à quatre ans de prison, dont 18 mois avec sursis, le 5 juillet 2016 pour "trafic d'influence et corruption". Le parquet a fait appel.

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