Commando armé à Marseille : "une opération d'intimidation inédite et très violente", décrit le procureur

Commando armé à Marseille : "une opération d'intimidation inédite et très violente", décrit le procureur

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FUSILLADE - L'enquête se poursuivait mardi pour retrouver les hommes du commando armé de kalachnikov qui ont ouvert le feu lundi après-midi dans un quartier gangrené par le trafic de drogue à Marseille sans faire de blessé. Le procureur de la République a évoqué une opération "d'intimidation" et de "lutte de territoire" dans un contexte de "narcobanditisme des cités".

"Opération inédite et très violente", "acte d’intimidation", "narcobanditisme des cités", "comportement de type commando"… Le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux, n’a pas mâché ses mots au cours de la conférence de presse organisée mardi pour décrire la scène violente qui s’est déroulée la veille dans une cité de Marseille. Des hommes cagoulés et armés de kalachnikov à bord de plusieurs véhicules ont "surgi" dans le quartier de Busserine (14e arrondissement) et ont ouvert le feu en l’air en pleine rue. Si un homme qui se trouvait sur le chemin des malfaiteurs a été blessé par un coup de crosse à la tête, il n’y a eu "aucune blessure par arme à feu", a précisé le procureur.


"Cette action violente conduite par une dizaine de personnes évoque une opération d’intimidation (…) dans un contexte de narcobanditisme des cités", a ainsi commenté le procureur qui a évoqué "une lutte de territoire" comme piste de travail des enquêteurs. Revenant sur le déroulé des faits et les témoignages recueillis, le procureur a évoqué ceux de plusieurs témoins qui disent avoir vu les individus porter des "brassards de police" ainsi qu'un "gyrophare" sur le toit de leurs véhicules. Gyrophare qui a également été vu par les policiers qui les ont pris en chasse ensuite. 

Un possible enlèvement d'un guetteur

"On a des individus qui sont très assurés dans ce qu’ils font et qui emploient des moyens qui relèvent du banditisme", a développé Xavier Tarabeux. Sur le possible enlèvement d’un homme au cours des faits,  le procureur de Marseille a rappelé le témoignage de cet homme qui "a indiqué avoir vu un individu, qui fait fonction de guetteur dans la cité, pris en chasse par le véhicule" et "forcé à monter dedans". "Cet individu (enlevé) n’a pas été retrouvé, et aucun signalement n’a été reçu", a poursuivi le procureur, qui a néanmoins précisé qu’il n’y avait "pas de raison de mettre en doute ce témoignage". 


Des propos qui viennent contredire ceux du préfet de police des Bouches-du-Rhône tenus quelques heures plus tôt. Olivier de Mazières avait qualifié ce possible enlèvement de "rumeur", expliquant que "pour l'instant" aucun élément ne permettait de confirmer cette hypothèse. 

 

Durant la scène qui s’est déroulée en plusieurs actes, les malfaiteurs avaient également "mis en joue les policiers" qui les avaient pris en chasse et "qui n’ont pas riposté" à ce moment-là. C’est lorsque deux véhicules ont dépassé les forces de l’ordre qu’un "individu assis dans le second a exhibé une arme longue qu’il a pointée vers" eux que l'un des policiers a "fait feu à quatre reprises avec son arme de service".  


Deux véhicules "susceptibles d’avoir été utilisés ont été retrouvés incendiés dans la nuit" et sont en cours d’expertise. Pour l’heure, l’identité des auteurs"dissimulés, cagoulés et vêtus de noir" n’est pas connue, a déclaré le procureur. Les enquêteurs travaillent sur "une dizaine de personnes au total". 

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