Giovanni Costa, accusé d’être un violeur en série de fillettes : "Il est très intelligent"

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JUSTICE - Dernière ligne droite dans le procès de cet Italien, poursuivi pour près d’une trentaine de viols et d’agressions sexuelles sur des petites filles dans les années 1990. L’expert psychiatre a tenté ce mercredi d’éclairer la cour d’assises de Paris sur la personnalité de l’accusé. Un profil trouble où la manipulation se mêle au déni.

Stratégie de défense ou trouble paranoïaque ? Depuis lundi, Giovanni Costa, accusé de 26 viols, agressions sexuelles et tentatives, sur des petites filles de 7 à 13 ans entre 1990 et 2003 dans l’ouest parisien, refuse d’intégrer la salle d’audience. Il passe ses journées dans la "souricière", au dépôt du tribunal. La semaine dernière, il avait copieusement insulté le président de la cour d’assises avant d’être expulsé du box, à deux reprises.

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Au cinquième jour de ce procès hors norme par le nombre de victimes, l’expert psychiatre a tenté, ce mercredi 6 avril, d’expliquer aux jurés la personnalité de ce septuagénaire qui se déguisait en électricien pour approcher ses petites victimes.

Posture machiste

La vie de Giovanni Costa, né en 1938 à Villarosa  en Sicile (Italie), a été rythmée d’années d’errance et de petite délinquance. Ebéniste de formation, il est présenté par les policiers comme un "cambrioleur professionnel". Son terrain de prédilection ? Le 16e arrondissement de Paris, dont il connaissait par cœur les rues et les quartiers. Ce qui lui permettait, selon les enquêteurs, de disparaître rapidement. Si Giovanni Costa revendique être un "bon" cambrioleur, et parfois se grimer en électricien pour entrer dans les immeubles, il a toujours nié les accusations de viols, prétextant une théorie complotiste selon laquelle une policière italienne aurait trafiqué son ADN.

"Il est très intelligent", a fait remarquer mercredi à la barre Gérard Lopez, l’expert psychiatre qui l’a analysé le 2 mars 2013. "L'entretien était un peu mou, mais il m’a beaucoup parlé. Il a dit être le roi des séducteurs". Au cours de l’instruction, Giovanni Costa a plusieurs fois expliqué qu’il ne pouvait pas avoir violé ces fillettes car il n’avait aucun mal à "performer" avec des "femmes adultes". Dans sa personnalité virulente, ses réflexions péremptoires et sa posture "machiste", l’expert relève des "failles narcissiques". Mais en aucun cas de "trouble paranoïaque" qui aurait pu abolir voire altérer son discernement au moment des faits.

"Trouble de persécution structuré"

Tout juste, comprend-on, Giovanni Costa souffre d’une "personnalité anti-sociale". Expert en "manipulation", l’Italien a choisi le déni, voire l’apparence de la folie. Ce qui ne trompe pas l’avocat général. "Il ne veut plus se présenter devant la cour d’assises. C’est sa stratégie", glisse-t-il, hors débat. L'expert ne lui trouve aucune circonstance atténuante. Car même s’il était atteint d’un "trouble de persécution structuré", dit-il, cela ne pourrait en rien expliquer les viols et les agressions sexuelles. Une absence de réponse à laquelle se heurtent depuis une semaine les rares victimes qui ont accepté d'assister aux débats.

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"Il a passé sa vie à escroquer les gens, à droite, à gauche. Sur le plan sexuel, il est dans la contestation", conclut l’expert, bien embêté de ne pouvoir éclairer davantage les jurés sur la personnalité de l’accusé, muré dans le silence ou exalté dans l'insulte dès qu'il s'agit d'aborder les accusations de viols. A défaut de pouvoir l’interroger, la cour pourra se remémorer les mots d’une enquêtrice de la brigade de protection des mineurs (BPM), venue témoigner à la barre la semaine dernière. Elle avait qualifié Giovanni Costa de "pédophile prédateur", lui imputant une centaine de faits. L’accusé, qui risque 20 ans de prison, sera fixé sur son sort ce vendredi. Présent ou non à l'audience. Avec ou sans insulte.

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