Grenades qui tombent du ciel, nuisances sonores… Le cauchemar d’un couple de retraités vivant à côté d’un terrain militaire

FAITS DIVERS

COMME EN 40 - A Saint-Malo, Monique et Guy Bunouf habitent juste à côté d'un terrain d'entraînement pour les forces de l'ordre. Leur quotidien : flash-balls, lacrymo et explosions. Des voisins insupportables.

Dans le classement des pires situations de voisinage, Monique et Guy Bunouf, qui habitent à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), ont touché le gros lot. A côté de chez eux : la caserne de Lorette, ancienne garnison des gendarmes mobiles qui sert aujourd'hui de lieu d'entraînement.

Et vivre au bord d'une caserne comme celle-là, cela sous-entend non seulement des nuisances sonores, mais aussi, raconte Ouest France, des découvertes originales dans le jardin, des grenades par exemple... Pour Monique Bunouf, qui a "vécu les bombardements", cette sensation d'être sur un terrain de guerre, ça lui "rappelle de mauvais souvenirs".

Flash-balls, lacrymo et explosifs

A l'abandon depuis 2010, la caserne de Lorette a fait peau neuve pour accueillir les entraînements des gendarmes, policiers et autres CRS. Et bien qu'elle n'ait "rien contre les forces de l'ordre, bien au contraire", Monique Bunouf n'en peut plus.

Il faut dire que recevoir des projectiles de flash-balls, des grenades lacrymogènes, entendre des explosions, vivre des simulations de manifestations, non seulement c'est gênant, mais ça peut même devenir dangereux. La fille de ce couple de retraités a reçu un jour un projectile dans le dos alors qu'elle étendait le linge. Impossible, dans ces conditions, d'imaginer profiter du jardin, ne serait-ce que pour un apéritif dehors. "On devient esclave, comme pris en otage", déplore Monique Bunouf.

Sept hectares de terrain pour s'entraîner... au plus près des habitations

"J’habite ici depuis 1944 donc je connais bien les militaires, poursuit Monique. On n’a jamais eu de problème jusqu’à maintenant." Mais le dialogue avec les nouveaux effectifs est bien plus difficile. En leur montrant les projectiles qui finissent leurs courses dans son jardin, gendarmes, policiers et CRS se rejettent la faute.

Les Bunouf ont contacté la mairie, le député, rien n'y fait. Et leur requête n'est pourtant pas folle : que les entraînements ne se déroulent pas juste à côté de leur maison. La caserne compte sept hectares de terrain...  "Mais ils aiment cet endroit car il y a une place entourée de logements. Cela doit reproduire les conditions réelles. On les entend casser des portes", remarque Monique. Mais la quiétude pourrait revenir : la ville de St-Malo vient d'acheter ces terrains pour créer un éco-quartier. Monique et Guy Bunouf n'espèrent plus qu'une chose : que les travaux commencent au plus vite.

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