Violences conjugales : condamnée pour le meurtre de son ex-mari, elle ne passera que quelques semaines en prison

Violences conjugales : condamnée pour le meurtre de son ex-mari, elle ne passera que quelques semaines en prison

COUR D'ASSISES - Reconnue coupable du meurtre de son ex-mari violent, Chantal Laurent-Tropet, 58 ans, a écopé d'une peine clémente, mardi 12 décembre à Grenoble. Ayant déjà effectué une partie de sa peine, elle ne passera que quelques semaines en prison.

Cinq ans de prison avec sursis, dont deux ferme, assortis d'une interdiction de porter une arme et l'obligation de suivre des soins. C'est la peine prononcée ce mardi par la cour d'assises de l'Isère à l'encontre de Chantal Laurent-Tropet, reconnue coupable du meurtre de son ex-mari violent, cinq ans plus tôt, après que ce dernier l'avait menacée devant son petit-fils. Une condamnation qui vaudra à l'accusée, déjà détenue 18 mois et qui bénéficiera de remises de peine, de sortir au pire en janvier 2017.

La sentence a de quoi soulager la défense de l'accusée, dont la cour a reconnu les souffrances générées par 35 années de vie conjugale marquées par les coups, les insultes et les viols rapportés. Comme le note France Bleu Isère, qui a suivi le procès, est en effet bien éloignée des réquisitions du parquet, qui avait notamment recommandé une peine de douze ans fermes, estimant que cette dernière devait retourner en prison durablement. Pour rappel, un tel crime peut valoir à son auteur jusqu'à la perpétuité.

Des peines précédentes sans conséquence

Le procès a toutefois permis de mettre en lumière ce que la vie de Chantal Laurent-Tropet a été jusqu'à ce qu'elle tue celui dont elle avait partagé le toit, malgré leur divorce. Maladivement jaloux, violent, Harry Ratgris empêchait sa femme de prendre la pilule, générant de multiples avortements. Les humiliations étaient quotidiennes, et avaient poussées Chantal Laurent-Tropet à déposer plainte.

A deux reprises, d'ailleurs, son mari écopera d'une peine de prison. Du sursis, à chaque fois, et sans qu'aucun jugement ne l'autorise à s'éloigner de sa femme, ni les violences de reprendre. Par cette peine, analyse maître Gallo, avocat de la défense, la justice a "peut-être pris compte" qu'elle "avait fait preuve de cécité concernant le cas de Harry Ratgris, cause indirecte de ce qui s'est passé." Pour le défenseur, qui croise les doigts pour qu'il n'y ait pas d'appel, la justice envoie là un message aux femmes battues : "Madame Laurent-Tropet aurait pu mourir sous les coups de son mari [...] Ma cliente est devenue auteure de violences, mais c'est d'abord une victime".

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    Tous les trois jours, une femme meurt sous les coups de son compagnon. Il y en a eu 122 en 2015. Pour lutter contre les violences conjugales, le gouvernement a créé un site recensant les numéros des différentes plate-formes d'accompagnement pour les victimes. Le tout est à retrouver juste ici.

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