Grenoble : une femme battue en procès pour le meurtre de son ex-mari

Grenoble : une femme battue en procès pour le meurtre de son ex-mari

JUSTICE - Après avoir subi les coups et les humiliations de son ex-mari pendant de nombreuses années, une femme a fini par le tuer avec un fusil. Son procès s'est ouvert ce lundi devant les assises de Grenoble en Isère.

Devant la cour d'assise de Grenoble en Isère, Chantal Laurent-Tropet, 58 ans, répond depuis le 12 octobre du meurtre de son ex-mari, cinq ans plus tôt. Un acte commis après des décennies d'humiliations, d'insultes, de sévices et de coups, comme le rapporte France Bleu Isère.

 

Le 28 mai 2011, le jour de l'homicide, elle gardait son petit-fils dans sa maison de Moirans (au nord de Grenoble) où elle habitait avec son ex-mari, Harry Ratgris. Mais le soir, alors qu'ils doivent assister tous les trois au spectacle de danse d'un autre petit-fils, son ex-compagnon se met à boire. Il s'énerve et insulte son ex-femme. Même s'il ne la frappe pas ce soir là, il se montre très menaçant devant le petit.

Les coups ont commencé peu de temps après le mariage

Pour les experts psychiatres, sa présence lors de la dispute provoque alors une "angoisse" chez elle. C'est ce qui explique, selon l'accusée, son passage à l'acte. Alors que son ex-mari dormait et déssaoulait dans le canapé, Chantal Laurent-Tropet est allée chercher un fusil de chasse qui se trouvait dans le garage avant de le charger et de lui tirer dessus. Elle a ensuite appelé la police, en avouant les faits. "J'ai tué mon mari".

Les deux amants se sont rencontrés à l'âge de 18 (pour Harry Ratgris)  et 14 ans (pour Chantal Laurent-Tropet). Et peu de temps après leur mariage deux ans plus tard et la naissance de leur premier enfant, la violence est apparue dans le couple. "C'est à peu près à cette époque que les coups ont commencé", raconte Chantal Laurent-Tropet. "Je pensais que ça allait lui passer, on était jeune, on allait avoir une maison, une famille".

Viols conjugaux et avortements multiples

Mais ce n'était que le début. A la barre, elle raconte également les viols conjugaux : les rapports forcés, en plus des violences physiques. "Nos copains ne savaient pas, nos grands-parents ne savaient que peu, on ne devait pas en parler", explique l'un des fils. Lui et ses frères décrivent leur père comme un homme alcoolique, traitant leur mère de prostituée. Un harcèlement qui fait tomber cette dernière dans l'alcool, tandis que les disputes s'aggravent, que la quadragénaire est interdite de pilule pour ne pas "aller voir ailleurs", tombe enceinte à six reprises et avorte trois fois, seule à chaque fois.

Au moment de cet enfer conjugal, Chantal Laurent-Tropet aura pourtant tenté d'alerter les autorités sur sa situation. En conséquence de quoi, son mari est condamné à deux reprises à de la prison avec sursis pour violences conjugales... en revenant au domicile.

Les trois fils ne vont pas se constituer partie civile

Les trois garçons ont décidé de ne pas se constituer partie civile, rapporte France Bleu, estimant pour deux d'entre-eux, qu'"elle en a assez bavé". Un autre a assuré vouloir "passer à autre chose".

Chantal Laurent-Tropet a déjà passé 18 mois en prison mais est depuis sortie. Sous contrôle judiciaire, elle se présente libre. Selon France 3 Alpes, elle avait pour sa part 2,5 grammes d'alcool dans le sang au moment des faits et risque la réclusion criminelle a perpétuité. Le verdict doit tomber ce mardi soir. 

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    Pour lutter contre les violences conjugales, le gouvernement a créé un site recensant les numéros des différentes plate-formes d'accompagnement pour les victimes. Le tout est à retrouver juste ici.

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