Harcèlement sexuel à la gendarmerie de Joigny : 6 et 8 mois de prison avec sursis pour les deux gendarmes

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JUSTICE - Deux gendarmes poursuivis pour harcèlement sexuel ont été condamnés à six et huit mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris mardi 12 avril. L'un des deux a en outre été interdit d'exercer à nouveau la profession de gendarme.

Des propos d'une crudité hallucinante sanctionnés par la justice. L'affaire de harcèlement sexuel dans la gendarmerie que metronews avait rapporté début février vient d'aboutir par la condamnation des deux gendarmes. Le tribunal correctionnel de Paris a sanctionné mardi 12 avril le maréchal des logis chef Ludovic F. de six mois de prison avec sursis et d'une interdiction définitive d'exercer la profession de gendarme. Il devra en outre verser 1500 euros à la victime au titre du préjudice moral. Son supérieur, l'adjudant Julien G. a lui aussi été condamné à 8 mois de prison avec sursis et devra payer à la victime 2500 euros de dommages et intérêts.

Des remarques graveleuses

Les deux militaires étaient jugés pour des faits survenus en 2012 et 2013 sur une jeune gendarme de 26 ans à la gendarmerie de Joigny (Yonne). Ludovic F., 37 ans, et son supérieur, l’adjudant Julien G., 38 ans, étaient poursuivis pour avoir tenu de façon répétée dans le temps des propos humiliants d'une crudité, d'une obscénité ahurissantes et proposé des fellations à cette jeune gendarme venue tout droit de La Réunion pour faire ses preuves en métropole.

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Cette dernière, en uniforme devant les juges et entourée de collègues dans la salle d’audience, avait décrit un véritable cauchemar. Elle avait raconté avoir fait l'objet de remarques pour le moins graveleuses sur son physique dans le huis clos de la brigade. Les paroles portées sur la taille de ses seins avaient été tant répétées qu’elle s’était elle-même infligé le port d’une brassière trop petite afin de les aplatir.

Une décision "exemplaire"

Contacté par metronews, Elodie Maumont, l'avocate de la victime, estime que cette décision est "exemplaire". "C'est surtout la reconnaissance de statut de victime pour ma cliente", ajoute-t-elle. L'association de défense des droits des militaires (ADEFDROMIL - Aide aux victimes) a en outre été reconnue dans sa constitution de partie civile. Les deux gendarmes devront lui verser un euro symbolique. Pour le responsable hiérarchique l'adjudant Julien G., qui lui n'a pas été interdit d'exercer, une procédure interne à la gendarmerie est en cours. "On verra si l'armée considère qu'un gendarme condamné à huit mois de prison avec sursis pour harcèlement sexuel a toujours sa place dans ses rangs", relève l'avocate.

Son collègue Ludovic F. était aussi poursuivi pour avoir brandi son pistolet devant la gendarme en feignant de lui tirer dessus. Il a été relaxé pour ces violences. Le parquet avait requis un an de prison avec sursis à l'encontre des deux hommes.

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