Haute-Loire : une mère refuse de confier ses enfants à leur père en Irlande, les gendarmes interviennent

FAITS DIVERS

JUSTICE - La justice a confié la garde de deux enfants à leur père qui vit en Irlande. Mais leur mère, qui vit à Langeac (Haute-Loire), a refusé de les rendre. Vendredi soir, les gendarmes sont venus récupérer les petits de 3 ans chez la maman, engendrant beaucoup d'émotion et de vives réactions.

Ce sont deux petits garçons de 3 ans au cœur d'une bataille d’adultes. Une affaire particulièrement douloureuse et délicate donc et qui a connu ce samedi un écho médiatique. Car la veille, vendredi , les gendarmes sont intervenus au domicile de leur mère à Langeac (Haute-Loire) pour les récupérer et les rendre à leur père, qui vit en Irlande. La justice en a décidé ainsi. 

Depuis, les réactions dictées par l'émotion sont vives. Anéantie par cette séparation, la maman s’est notamment émue par la tournure de l’intervention des gendarmes qui ne lui avaient "même pas laissé le temps de leur mettre leurs chaussures". "Mes fils avaient peur. Ils m’ont dit qu’ils m’aimaient. Ils ont juste eu le temps de me faire un gros bisou", a témoigné en larmes Aude Torrent dans le Progrès.  "On est venu lui arracher ses jumeaux qui sont partis dans des cris et des pleurs insupportables, a également raconté à France Bleu, Serge Vauris, président de l'association qui soutient la mère de famille. Ils sont partis sans leurs chaussures, c'était un véritable kidnapping".

Une intervention "dans le calme"

Une version qui surprend la gendarmerie contactée par LCI. La mère aurait eu, selon les gendarmes, du temps pour préparer seule ses enfants et leur dire au revoir. Deux femmes gendarmes auraient ensuite récupéré les jumeaux en les prenant dans leur bras, "habillés" et "avec leurs jouets" en passant par l’arrière du pavillon. "Nous ne voulions pas qu’ils soient apeurés par le reste des effectifs et les personnes de l’association présentes devant la maison, indique-t-on à la gendarmerie. Ce ne sont jamais des décisions de justice faciles à faire appliquer mais contrairement à ce que nous avons pu lire, nous sommes intervenus dans le calme et il n’y a pas eu d’opposition". 

La trentaine de gendarmes était intervenue vendredi à la demande du parquet qui a précisé qu’une solution à l’amiable avait été proposée à la mère pour éviter de récupérer les enfants directement à son domicile, mais qu’elle l’aurait refusée. "On a été très patient, dans ce dossier, assure dans le journal La Montagne, Laure Lehugeur, vice-procureur au parquet de Clermont-Ferrand. On a mis en œuvre tous les moyens imaginables pour trouver un arrangement à l'amiable. Ça n'a malheureusement pas été possible".

Un dossier épineux

L’été dernier, le père des enfants accompagné des gendarmes aurait déjà tenté de récupérer ses enfants, sans succès. Le couple s’était séparé en 2016 et avait entamé une procédure de divorce. Selon le Progrès, Aude Torrent serait rentrée définitivement en France avec ses enfants en septembre 2016. Son époux avait  alors déposé plainte pour "enlèvement d’enfants". La cour d’appel de Riom avait fini par statuer : les enfants devaient être rendus à leur père en Irlande. Et la Cour de cassation avait rejeté le 28 février le pourvoi formé par la mère. 

Une décision incompréhensible pour celle-ci. Ses avocats assurent que la justice n'a pas tenu compte de la réalité des faits.  Interrogé par l'Eveil, Me Portejoie a mis en garde vendredi "la justice (qui) devra assumer les conséquences de son aveuglement, de son obstination et d'un recours à la violence inapproprié, surtout pour des enfants de 3 ans". "C'est du jamais vu", a-t-il déploré. 

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