Haute-Saône : quand des voleurs de métaux dévalisent un cimetière

FAITS DIVERS

FAIT DIVERS – Le cimetière du petit village de Betaucourt, en Haute-Saône, a été pris d'assaut par des voleurs de métaux. De nombreux cache-vis, écrous ou boulons en laiton ont été embarqués. La maire du village a porté plainte.

Betaucourt est en émoi. Ce petit village de Haute-Saône vient de mettre un nom sur le mal qui rongeait son cimetière depuis quelque temps : le vol de métaux. Ce dimanche, alertée par une famille venue du Territoire de Belfort rendre hommage à un proche, la gendarmerie n’a pu que constater les dégâts.

De très nombreux écrous, boulons et cache-vis en laiton des plaques funéraires manquent à l’appel : 780 selon un décompte de France3 Franche-Comté . "Quasiment toutes les sépultures ont été touchées, ainsi que le columbarium, explique la gendarmerie de Vesoul contactée par metronews. Pour rester discrets et éviter que ça ne se voie trop rapidement, les voleurs n’ont pris qu’un cache-vis sur deux sur les plaques". Mais leur disparition a fini par se voir. Sur certaines sépultures, l’ensemble des plaques ont en effet été touchées rapporte L’Est républicain. Les tombes, elles, n’ont pas été dégradées.

Le mobile : l'argent

Pour la gendarmerie, le caractère méthodique et systématique des vols ne signifie qu’une chose : la revente du laiton. "L’enjeu c’est ça, c’est l’argent", assure la gendarmerie. Car le laiton, un alliage composé de cuivre et de zinc, se revend bien chez un ferrailleur qui peut l’acheter autour de 2,50 euros le kilo. Un prix en deçà du cours du métal, comme l’indique sur son site la Fédération des minerais, minéraux industriels et métaux non ferreux qui le situe, elle, aux alentours 4,50 euros le kilo. Un prix proche de celui du cuivre, très prisé des voleurs, qui s’achète sur le marché à 5,50 le kilo.

Pour autant, la compagnie de gendarmerie de Vesoul veut minimiser l’ampleur du phénomène : "Ça reste marginal". Dans la région, la presse quotidienne rapporte tout de même régulièrement des vols de métaux dans les cimetières, comme ici en 2011, en 2012 , ou encore en juillet dernier.

La maire porte plainte

L’argent, motif premier du vol dixit la gendarmerie. De l’argent d’autant plus facile que le vol dans un cimetière présente peu de risques. Les lieux sont généralement moins surveillés que les chantiers ou les voies de chemin de fer, prisés des voleurs de cuivre et autres métaux en tout genre. "C’est beaucoup moins risqué. Il suffit de s’introduire la nuit…" Par ailleurs, les cimetières étant moins visités, les vols mettent du temps à être découverts. Comme à Bétaucourt.

Dans le village de moins de 200 âmes, les habitants sont outrés. Tout comme la maire, Lydie Bilichtin, qui a porté plainte au nom de la commune. "Quand on s’en prend à des morts, faut pas être grand-chose", peste une habitante devant la caméra de France3. La gendarmerie a ouvert une enquête.

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