Inaya, 20 mois, battue à mort et enterrée : 30 ans de réclusion pour le père, 20 pour la mère

Inaya, 20 mois, battue à mort et enterrée : 30 ans de réclusion pour le père, 20 pour la mère

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JUSTICE - Le verdict dans les procès des parents de la petite Inaya, battue à mort et enterrée pendant un an dans la forête de Fontainebleau, est tombé vendredi 6 novembre dans la soirée. Le père a été condamné à trente ans de réclusion, la mère à vingt ans.

Le verdict est tombé, dans l'affaire de la petite Inaya, cette petite fille de 20 mois battue à mort puis restée enterrée pendant un an dans la forêt de Fontainebleau : tous les deux poursuivis devant les assises de Melun pour "violences habituelles ayant entraîné la mort", ses parents ont écopé de lourdes peines de prison ferme. Trente ans pour le père et vingt ans pour la mère. Soit au-delà des peines requises par l'avocat général, qui avait, un peu plus tôt dans la journée, réclamé 25 ans de réclusion criminelle contre le père et 15 ans contre la mère, plaidant que les parents avaient "co-agi" dans cette terrible histoire.

"Elle est dans l'auto-apitoiement"

Cette décision met fin à une semaine d'un procès éprouvant, où les parents n'ont eu de cesse de se déchirer à la barre, se renvoyant la responsabilité de la mort de leur enfant. Qui a réellement tué la petite Inaya ? Qui la frappait depuis sa naissance ? La vérité n'a malheureusement pas éclaté au cours de ce procès. Oui, Grégoire Compiègne est apparu comme un homme "agressif" et "violent". Mais sa conjointe, malgré ses dires, n'est pas pour autant apparue comme une oie blanche. Elle est "inauthentique", a ainsi commenté un expert psychiatre. "On note des troubles du caractère : la frustration et la colère montent assez rapidement chez elle. Elle est dans l'auto-apitoiement (…) Rien n'est de sa faute et elle ne se remet pas en question".

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Qui alors est à l'origine de ce déchaînement de violence ? "Ce qui est sûr, c'est qu'il y en a un des deux qui ment, voire les deux", a commenté la présidente. Et les deux scénarii qui ont été livrés font froid dans le dos. Incapable de dater la mort de sa fille - survenue selon les experts entre décembre 2011 et janvier 2012 -,  Bushra Taher Saleh a raconté que son conjoint s'était énervé contre la petite parce qu'elle pleurait. Il l'aurait alors "allongée sur le carrelage et rouée de coups de pieds". Avant de la secouer très fort en lui criant : "Réveille-toi !". Mais la petite ne se réveillera pas.

Elle passe la nuit à côté du corps de sa fille

Son compagnon, lui, a décrit une tout autre scène. Bushra Taher Saleh aurait d'abord causé une brûlure assez grave à la tête d'Inaya lors de son bain, en faisant couler de l'eau très chaude. Puis se serait énervée lorsque la petite, en pleurs, s'est mise à réclamer "Vivi", l'assistante maternelle qui s'est occupée d'elle pendant 14 mois quand les services sociaux l'ont placée. Une relation privilégiée que la mère d'Inaya ne supportait pas. Cette dernière se serait alors levée, dans la nuit, pour "rouer de coups dans son lit" la petite. Grégoire Compiègne assure être alors intervenu. Inaya "regardait vers le haut et poussait des cris terribles. Je ne savais pas comment réagir. Mademoiselle a cru qu'elle était possédée et lui a récité une sourate (versets du Coran, ndlr) à l'oreille. Mais Inaya criait de plus en plus fort, et là mademoiselle lui a attrapé la gorge pour stopper son cri". Jusqu'à ce que mort s'ensuive.

La suite, elle, n'a pas varié. Bushra Taher Saleh a passé la nuit allongée à côté du corps de sa fille. Au matin, elle lui a mis une couche, l'a habilléé de jolis vêtements - "une robe avec des coeurs" -, avant de l'envelopper dans trois sacs poubelle puis dans un sac de sport. Ensemble, le couple trouve un endroit isolé, à seulement 800 mètres de son domicile, dans la forêt de Fontainebleau. Et à mains nues, les parents creusent un trou de 45 cm pour y enterrer leur fille, à côté d'une souche d'arbre. Avant de faire croire à tout le monde, pendant près d'un an, que la petite est toujours en vie, en faisant passer leur autre fille, née en toute discrétion, pour Inaya. Avant que le signalement d'une institutrice ne fasse éclater au grand jour leur terrible mise en scène.

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