Incendie à la prison de Poissy : le détenu tué par les flammes a actionné le bouton d’alerte

FAITS DIVERS
INFO METRONEWS - Au lendemain de l’incendie meurtrier à la maison centrale de Poissy, les circonstances du drame se précisent. D’après les premiers éléments, le feu est dû à des papiers posés sur la plaque électrique de la cellule. Le détenu qui est décédé a lui-même actionné le bouton d’alerte.

On en sait un peu plus sur l’origine de l’incendie qui s’est déclenché en milieu de soirée, dimanche 17 avril, dans une cellule d’un détenu à la prison de Poissy (Yvelines). Selon les premiers éléments communiqués à metronews par le parquet de Versailles, le feu aurait démarré peu avant 21h dans une cellule adaptée à un détenu à mobilité réduite, au deuxième étage d’un quartier spécifique. Le suicide, par une mise à feu volontaire, est l’explication avancée par les autorités judiciaires au lendemain du drame.

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Dimanche soir, le gradé de ronde ferme, comme tous les soirs, la dite cellule à 19h. C’est lui qui garde la clé, une procédure d’usure dans le cadre de la gestion de ces cellules spécifiques. Deux heures plus tard, à 21h, le détenu actionne le bouton d’alerte. Depuis le poste de sécurité, les agents aperçoivent sur l’écran vidéo de contrôle de la fumée qui s’échappe. Immédiatement, ils préviennent les pompiers et les agents de ronde qui s’empressent d’aller voir à travers l’œilleton.

Un expert en incendie nommé

"Les agents ont vu des papiers accumulés sur les plaques chauffantes électriques. Ils ont communiqué au détenu les règles de sécurité, de se coucher à terre et de s'enrouler de linge humide", explique-t-on au parquet de Versailles. En retour, les gardiens se seraient pris une flopée d'insultes. L’étage est évacué. Le couloir aussi. "Le gradé, qui avait la clé, arrive rapidement. Lorsqu’il ouvre la cellule, cela crée un appel d’air et une boule de feu qui endommage une partie du couloir". Le retour de flammes a instantanément détruit toute la cellule du détenu, retrouvé mort sur son lit.

Dans le couloir, quatre surveillants et un détenu ont été intoxiqués et ont bénéficié de soins de premiers secours. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "recherche des causes de la mort". Dans ce cadre, un expert en incendie a été diligenté pour définir précisément l’origine des flammes.

"Il se plaignait facilement"

Selon nos informations, le détenu qui est décédé avait été condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa mère. Il était libérable à partir de 2021. Il n’était pas spécialement connu pour des actes de violence au sein de la prison, que ce soit contre lui ou à l’encontre de ses co-détenus. Il avait en outre des difficultés à marcher, d’où sa présence dans une cellule adaptée.

En revanche, si ses volontés suicidaires n’étaient pas connues par les services pénitentiaires, il "était récriminant et se plaignait facilement", poursuit-on de source judiciaire. Est-ce réellement un suicide? Si tel est le cas, pourquoi le détenu a-t-il actionné le bouton d'alerte? Les services pénitentiaires ont-ils tardé à ouvrir la cellule? Les circonstances restent malgré tout encore floues. Et l’administration pénitentiaire, contactée par metronews, a refusé d'indiquer si une enquête interne était ou non ouverte.

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