Incendie mortel à Rouen : "Tout est allé trop vite"

FAITS DIVERS

TEMOIGNAGES - Après l'incendie le plus meurtrier sur le sol français depuis 2005, des proches des victimes et des habitants de Rouen témoignent. L'impuissance, la tristesse et la peur reviennent dans leurs mots.

Elle devait avoir 20 ans ce samedi. Ophélie A, jeune policière, avait donné rendez-vous à ses amis ce vendredi soir au Cuba Libre, un bar de Rouen qu’elle avait pour habitude de fréquenter. Pour son anniversaire, elle avait privatisé une partie de l'établissement.

Mais aux alentours de minuit, un incendie se déclare, après qu'un des invités, chute dans l'escalier d'où il venait pour porter le gâteau. Les bougies s'envolent et atteignent le plafond, couvert par une isolation phonique de type gazeux. Aussitôt, les flammes grandissent, embrasant le bar. Le bilan est lourd : 13 morts et six blessés. Ophélie A. fait partie des victimes qui ont perdu la vie.

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"Ils étaient comme des frères et sœurs pour moi"

Bloqué à Paris pour des obligations personnelles, une amie de la policière, a renoncé à venir à la soirée. Informée du drame, elle s’est rendue à Rouen ce samedi. Bouleversée, elle confie à propos de son amie dans Ouest-France  : "Une fille généreuse, gentille, qui rigolait tout le temps. Elle adorait son métier. Elle était aussi passionnée d'équitation."

Julie, elle non plus, n’a pas pu se rendre à la soirée. Au micro de BFMTV , elle ne cache pas son émotion. "J'ai perdu beaucoup d'amis. Ils étaient comme des frères et sœurs pour moi. "Ça va être dur à se remettre de tout ça sachant qu'on était tout le temps tous ensemble […]. C'était un lieu où l'on se réunissait", raconte la jeune femme.

Pour les personnes présentes au Cuba Libre dans la nuit de vendredi à samedi, et qui sont parvenues à s’échapper des flammes,  le choc est encore palpable. Stéphanie se confie à l'AFP : "J’étais au bar, au rez-de-chaussée, en train de prendre un verre. On a vu les flammes, c’était comme un lance-flammes, tout a été très vite".

"J'ai eu peur que ce soit un attentat"

Ce samedi matin, certains habitants de Rouen se sont réveillés groggy, émus par ce qui s’est passé. Rapidement, on s’enquit de prendre des nouvelles des personnes que l’on connaît et qui sont susceptibles d’être parmi les victimes. Comme cet échange retranscrit dans  Le Parisien  : "Vous avez des nouvelles de Nasser ?" interroge un jeune homme, en faisant référence au patron de l'établissement. "Il va bien, on l'a eu en ligne", le rassure un habitué.

"J'ai eu peur que ce soit un autre attentat", a témoigné Rachid un cycliste de passage devant le bar auprès de l'AFP. "Mais tout de suite, on m'a dit que c'était accidentel". "Néanmoins, je n'ai pas dormi de la nuit et je reviens ce matin pour avoir d'autres nouvelles", confie l'homme de 36 ans.

 Revenu devant le bar, un client qui était assis à la terrasse ce vendredi soir témoigne aussi  au Parisien de son impuissance lorsqu'il a été alerté par les cris du patron. "Je m'en veux de ne pas avoir pu sauver des gens mais tout est allé trop vite".

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