Incendie volontaire à Saint-Georges-de-la-Couée : l'étrange disparition des retraités allemands

FAITS DIVERS

FAIT DIVERS – Le couple de retraités allemands, qui vivait dans la maison incendiée "volontairement" à Saint-Georges-de-la-Couée (Sarthe), reste introuvable. Mais dans les dépendances, les enquêteurs ont trouvé des fragments d'os humains. Les analyses sont en cours dans cette mystérieuse affaire où la piste criminelle semble se dessiner.

C'est un ancien corps de ferme reculé de la campagne sarthoise. Eitel Brandenburg et Élisabeth Homke venaient d'abord y passer les vacances. Et puis, l'âge de la retraite venue, le couple d'Allemands a décidé de s'y installer définitivement. C'était il y a une quinzaine d'années. La longère du lieu-dit le "Rompay", à Saint-Georges-de-la-Couée, n'est aujourd'hui qu'un souvenir. Une grande partie a été ravagée par le feu qui s'est déclaré dans la nuit de mercredi à jeudi. Les pompiers, alertés à 5 heures du matin par un voisin qui partait au travail, ont mis plus de cinq heures à venir à bout de l'incendie.

Eitel Brandenburg et Élisabeth Homke étaient-ils à l'intérieur ? Les propriétaires ont depuis disparu et les enquêteurs tentent de faire parler les indices retrouvés dans les dépendances : pas de corps mais des fragments d'os, "en partie d'origine animale et d'autres, d'origine humaine", explique à metronews la gendarmerie. "Il pourrait s'agir de restes d’un ou de plusieurs corps exposés à une carbonisation importante. Les analyses de ces morceaux sont en cours", poursuit-on de même source. Ceux-ci sont en train d'être comparés à l'ADN d'une fille d’Eitel Brandenburg, arrivée sur place samedi. Si les résultats ne s'avèrent pas concluants, une deuxième série de prélèvements sera réalisée jeudi. En attendant, les enquêteurs poursuivent leurs investigations et ont lancé un appel à témoins pour tenter de retrouver le couple. Car pour l'heure, "toutes les pistes sont envisagées et envisageables", assure la gendarmerie. Seule certitude, l'incendie qui a détruit la maison est "volontaire". "Il y a trop de départs de feu pour que ce soit une simple coïncidence".

Chiens et chats disparus

Meurtres, suicides, départ volontaire... ? Les voisins, eux, ne croient pas à cette dernière hypothèse. Selon eux, les retraités étaient bien dans leur habitation la veille du sinistre et ils n'avaient pas prévu de partir précipitamment. "Liz est venue soigner mes animaux dans l'après-midi alors que je me trouvais à mon travail, comme elle avait l'habitude de le faire", a notamment témoigné une amie du couple au Maine Libre . Un autre raconte qu'il a vu Eitel et a bu un verre en sa compagnie. Il lui a trouvé "l'air triste". Devant la maison, les deux voitures n'ont pas bougé. Les trois chiens se sont volatilisés. Une partie des chats aussi. De quoi renforcer la thèse du décès d'Eitel Brandenburg et Élisabeth Homke dans la maison avec leurs animaux.

Si certains de leurs amis parlent d'un couple charmant, d'autres affirment qu'il battait de l'aile. "Ils ne partaient plus en vacances ensemble et vivaient un peu chacun de leur côté", assure une amie d'Elisabeth dans Ouest France . Gerhard, un autre Allemand vivant sur la commune, explique avoir coupé les ponts avec Eitel devenu "trop caractériel". L'ancien soudeur, grand chasseur passionné d'armes, s'était "renfermé" et "fâché avec beaucoup de gens. Même avec sa femme", assure-t-il. De là à commettre l'irréparable ? Le parquet et la gendarmerie n'ont pas souhaité faire de commentaires sur la piste criminelle qui semble pourtant se dessiner. "Aucun élément déterminant n'a pour l'heure été retrouvé. Nous espérons que les analyses parlent. En attendant, les investigations se poursuivent pour faire la lumière sur leur mystérieuse disparition".

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