Infanticide de Berck-sur-Mer : 18 ans de prison requis contre Fabienne Kabou

Infanticide de Berck-sur-Mer : 18 ans de prison requis contre Fabienne Kabou
FAITS DIVERS

PROCES –L'avocat général Luc Frémiot a requis ce vendredi une peine de 18 années de réclusion criminelle avec un suivi socio-judiciaire à l'encontre de Fabienne Kabou, jugée depuis lundi par la cour d'assises du Pas-de-Calais pour l'assassinat de sa fille de 15 mois , Adélaïde, en novembre 2013 à Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais). Le verdict est attendu dans la journée.

Elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Ce vendredi, au cinquième jour du procès de Fabienne Kabou jugée pour l'assassinat de sa fille commis dans la nuit du 19 au 20 novembre 2013 à Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais), l'avocat général a requis une peine de 18 années de réclusion criminelle avec un suivi socio-judiciaire à l'encontre de l'accusée.

Le représentant du ministère public a rejeté la thèse de la folie comme celle de la sorcellerie, demandant aux jurés de ne pas tenir compte des conclusions des experts psychiatres qui ont tous parlé d'une altération du discernement du sujet, et pour trois d'entre eux d'une pathologie chronique aliénante. "Pour sortir de ce marécage, on a tenté de vous enliser ! leur a-t-il dit. " On vous prend en otage, ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est cette petite fille.

"Regardez-moi Madame Kabou !"

Avant de poursuivre son réquisitoire, Luc Frémiot demande alors à Madame Kabou de le regarder, puis lui lance : "Vous avez pris toute la place. Et ce n'est pas parce que vous êtes belle et intelligente que nous sommes dans l'incapacité aujourd'hui de vous juger !".

Pour lui, l'accusée a le "masque de l'indifférence et de l'ironie", chose qu'il ne peut "supporter". Il pointe sa "froideur", son "détachement", et son "cynisme" avant d'évoquer "ce petit corps retrouvé sur la plage, les membres en désordre, le visage creusé par les vagues et le sable". Puis l'avocat général fait la comparaison avec cette horrible image qui a fait le tour du monde, celle du petit Aylan, enfant kurde de 3 ans retrouvé le 2 septembre 2015 sur une plage turque.

"J'aurais aimé que vous preniez vos responsabilités, lance-t-il à Fabienne Kabou. Vous dites que vous n'aviez 'pas de préméditation'. Vous vous rendez compte, c'est tout le contraire qui ressort de cette affaire". Pour l'avocat général, Fabienne Kabou a tout bien préparé, dans une "mécanique bien huilée" et "minutieusement orchestrée avec le souci du détail".
 

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Sorcellerie, psychose, névrose, peu lui importe

La sorcellerie, les marabouts, il les balaie du revers de la main, rappelant que seul le numéro d'un "malheureux sourcier" avait été retrouvé ainsi que des consultations sur Internet avec une voyante au Maghreb. Ce "vent" qui l'a poussée, cette "force extérieure", il n'y croit guère. Quant à la "psychose", la "névrose", peu lui importe. "Il faut arrêter avec ce tout psychiatrique qui nous envahit ! On est dans de la violence, de la rancœur, de la rancune". Pour lui, "les choses ne se posent pas de cette façon-là" et "on ne peut continuer à occulter les choses. "Moi je pense à Ada, ce petit fantôme charmant aux yeux bleus et cheveux foncés", insiste-t-il.

Car Luc Frémiot en est convaincu, pour Fabienne Kabou, Adélaïde "n'existe pas", c'est une "négation dès le départ". L'accusée est une femme "égoïste et "autocentrée". "Madame Kabou, vous êtes en décalage avec vous-même, vous vous rêvez. Malheureusement, votre rêve ne vous correspond pas !". Il revient ensuite sur les échecs successifs survenus dans la vie de l'accusée, puis ses "mensonges" grandissants "que l'on suit partout".

"La petite, c'est l'arme fatale contre lui et contre vous"

Le scénario pour l'avocat général est clair. Le compagnon de Fabienne Kabou depuis 12 ans Michel Lafon était devenu "un boulet" qu'elle "traîne au pied", qui lui "empêche la grande évasion" et "qui a semé la petite graine, Ada". Contre celui qui la "tue à petit feu", Fabienne Kabou avait une "arme terrible". "La petite, c'est l'arme fatale contre lui et contre vous. Vous avez dit d'ailleurs : 'J'ai fait d'une pierre, trois coups'", rappelle l'avocat général.

La triste fin, tout le monde aujourd'hui la connaît. A 12 h 15, le jury est parti délibérer. Fabienne Kabou encourt pour cet assassinat la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu dans la journée.
 

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